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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2405376

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2405376

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2405376
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre _ juge unique

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête de Mme A... B... visant à annuler le rejet par la commission de médiation de sa demande de reconnaissance de priorité et d'urgence pour un logement social. Le tribunal a jugé que la requérante, qui invoquait l'inadaptation de son logement à son état de santé, ne démontrait pas se trouver dans l'une des situations légales (comme être dépourvue de logement ou logée dans un local impropre) ouvrant droit à cette qualification prioritaire et urgente au sens des articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. La décision de la commission, qui disposait d'un pouvoir d'appréciation, n'a donc pas été entachée d'erreur manifeste.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, Mme A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 26 mars 2024 par laquelle la commission de médiation du département des Yvelines a rejeté son recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement ;

2°) d’enjoindre à la préfète des Yvelines de lui proposer un logement adapté à ses besoins dans les plus brefs délais à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Elle soutient que la décision attaquée est entachée d’une erreur d’appréciation au regard de sa situation personnelle, dès lors que son logement actuel n’est pas adapté à ses besoins et capacités, en particulier à son état de santé.



Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces des dossiers.



Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Hardy, première conseillère, en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.


La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique, le rapport de Mme C... a été entendu.

Aucune des parties n’était présente ou représentée.

La clôture de l’instruction a été prononcée après appel de l’affaire à l'audience.


Considérant ce qui suit :

Mme A... B... a saisi, le 15 février 2024, la commission de médiation du département des Yvelines d’un recours amiable tendant à la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement, en application des dispositions de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Par une décision du 26 mars 2024, dont Mme B... demande l’annulation, la commission de médiation a rejeté son recours.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : « II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / (…) Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (…). Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée. Elle peut faire toute proposition d'orientation des demandes qu'elle ne juge pas prioritaires. (…) ». Aux termes de l’article R. 441-14-1 du même code : « La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : (…) ; /- être dépourvues de logement. Le cas échéant, la commission apprécie la situation du demandeur logé ou hébergé par ses ascendants en tenant notamment compte de son degré d'autonomie, de son âge, de sa situation familiale et des conditions de fait de la cohabitation portées à sa connaissance ; - -être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Le cas échéant, la commission tient compte des droits à hébergement ou à relogement auxquels le demandeur peut prétendre en application des dispositions des articles L. 521-1 et suivants, des articles L. 314-1 et suivants du code de l'urbanisme ou de toute autre disposition ouvrant au demandeur un droit à relogement ; (…). La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. »

Il résulte de ces dispositions que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d’urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu’il se trouve dans une des situations prévues au II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation et qu’il satisfait à un des critères définis à l’article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l’intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande. Toutefois, dans le cas particulier d’une personne se prévalant uniquement du fait qu’elle a présenté une demande de logement social et n’a pas reçu de proposition adaptée dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l’habitation, la commission peut légalement tenir compte de la circonstance que l’intéressé dispose déjà d’un logement, à condition que, eu égard à ses caractéristiques, au montant de son loyer et à sa localisation, il puisse être regardé comme adapté à ses besoins.

Pour refuser de reconnaître la demande de logement de la requérante comme prioritaire et urgente, la commission de médiation du département des Yvelines s’est notamment fondée sur la circonstance que les documents fournis n’ont pas permis de caractériser une situation de suroccupation. Si elle soutient que son logement actuel n’est pas adapté à ses besoins et à ses capacités, et, plus particulièrement, à son état de santé, le certificat médical du 26 avril 2024 dont elle se prévaut est postérieur à la décision attaquée et ne suffit pas, à lui seul, à établir que son logement ne correspond pas à ses besoins et à ses capacités. En outre, il est constant que la requérante occupe seule un logement d’une superficie de 23 m². Si la commission s’est également fondée, à tort, sur le motif selon lequel sa demande de logement social avait été introduite il y a plus de trois ans, mais qu’elle n’avait pas épuisé l’ensemble des dispositifs de droit commun d’accès au parc social, elle aurait toutefois pris la même décision si elle s’était fondée uniquement sur le motif selon lequel la situation de suroccupation du logement n’est pas établie. Dans ces conditions, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d’une erreur d’appréciation.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet des Yvelines.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2026.


La magistrate désignée,
signé
M. Hardy
La greffière,
signé
S. Paulin




La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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