lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MUNIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2024, Mme B A C, représentée par Me Munir, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement des articles L. 521-3, L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative, de lui délivrer la carte de séjour pluriannuelle dans un délai de trente jours à compte de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est entrée en France le 3 juin 2016 munie d'un visa D et elle a bénéficié d'une carte de séjour temporaire, puis d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 2 octobre 2021 ; en 2021, elle a déclaré la perte de sa carte de séjour et a sollicité auprès de la préfecture de l'Essonne la délivrance d'un duplicata de son titre de séjour ; toutefois la préfecture de l'Essonne ne lui a pas délivré le duplicata demandé ; plusieurs relances ont été adressées à la préfecture, mais sont demeurées sans réponse;
- la condition d'urgence est remplie eu égard à la situation de précarité dans laquelle elle se trouve avec son enfant, dès lors qu'elle ne peut prétendre à un contrat de travail à durée indéterminée et qu'elle est contrainte d'habiter chez ses parents ;
- la mesure qu'elle sollicite est utile dès lors que rien ne justifie qu'elle ne puisse retrouver sa carte de séjour dans un délai raisonnable ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative dès lors que son titre n'a jamais fait l'objet d'une procédure de retrait et ne souffre d'aucune contestation sérieuse.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A C, ressortissante comorienne, est entrée en France le 3 juin 2016, munie d'un visa " D " et a bénéficié d'une carte de séjour temporaire puis d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 2 octobre 2021. Ayant déclaré la perte de son titre de séjour le 29 janvier 2021, elle expose avoir sollicité, auprès de la préfecture de l'Essonne, la délivrance d'un duplicata de son titre, mais qu'aucun duplicata ne lui a été délivré. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à la préfète de l'Essonne de lui délivrer le duplicata de sa carte de séjour pluriannuelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Il résulte de l'instruction que Mme A C a déclaré, le 29 janvier 2021, la perte de sa carte de séjour pluriannuelle, et a sollicité la délivrance d'un duplicata de ce titre. Toutefois, l'intéressée a attendu plus de 3 ans pour saisir le tribunal d'une demande tendant à ce que le duplicata qu'elle a sollicité lui soit délivré. Dans ces conditions, la requérante a directement contribué à se placer dans la situation d'urgence dont elle se prévaut. Il en résulte que la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'est pas satisfaite. En outre, la requérante n'établit pas, ni même n'allègue avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Dès lors que la carte de séjour dont elle a demandé le duplicata a expiré le 2 octobre 2021, la mesure demandée n'est plus d'aucune utilité.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 22 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
N. Boukheloua
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2405379
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026