lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | TOURE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 25 juin 2024, notifiée le même jour, par laquelle la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.
Il soutient qu'il pourrait faire l'objet de lourdes peines de prison du fait de son ethnie en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il a déposé une demande d'asile fondée sur cet élément en 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Lutz, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 août 2024 qui s'est tenue en présence de Mme Amegee, greffière :
- le rapport de M. Lutz,
- les observations de Me Touré, avocat, représentant M. B, présent, assisté par Mme C, interprète en langue turque, qui conclut aux mêmes fins, reprend le moyen soulevé qu'il précise fondé sur l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et fait valoir en outre que la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la même convention ;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant turc né le 10 mars 1997, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans enfants et qu'il déclare être entré en France depuis 2021. S'il soutient avoir travaillé de manière non déclarée, il ne produit toutefois aucune pièce à l'appui de cette allégation et avait déclaré lors de son audition préalable qu'il était sans emploi et sans ressources. Il a indiqué dans cette audition et encore à l'audience qu'il ne dispose que de famille lointaine en France avec laquelle il ne soutient pas entretenir des liens particuliers. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté à son droit à la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux motifs pour lesquels la décision d'éloignement a été prise.
4. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
5. M. B se prévaut de risques de persécutions et de traitements inhumains en cas de retour dans son pays d'origine, plus particulièrement d'un risque de peines de prison en raison de son appartenance ethnique. Toutefois, cette seule allégation, qui n'est ni assortie de précisions ni étayée de pièces, n'est pas de nature à établir la réalité des risques qu'il invoque dont l'OFPRA et la CNDA n'ont, au demeurant, pas retenu l'existence. En outre, M. B se borne à soutenir que sa demande d'asile n'aurait pas abouti en raison de la retenue de pièces justificatives par son interprète, sans étayer ou justifier ses allégations, alors qu'il ressort des pièces du dossier, notamment de l'extrait du fichier " TelemOFPRA " produit en défense, que par une décision du 20 mai 2022, notifiée le 6 juin 2022, l'OFPRA a refusé de faire droit à la demande d'asile de l'intéressé, que cette décision a été confirmée par un arrêt de la CNDA du 17 octobre 2022 notifié le 31 octobre 2022 et que, par une décision du 26 juin 2023 notifiée le 16 avril 2023, l'OFPRA a refusé la demande de réexamen de M. B au motif de son irrecevabilité, décision à nouveau confirmé par un ultime arrêt de la CNDA du 20 juin 2023, notifiée le 27 juillet suivant. Si à l'audience M. B a indiqué être par ailleurs objecteur de conscience et refuser d'effectuer son service militaire en Turquie, et qu'il encourt désormais une sanction pénale du fait de ce refus, cette seule allégation, au demeurant non étayée, n'est pas de nature à caractériser en soi un risque de mauvais traitement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. Lutz La greffière,
signé
E. Amegee
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026