jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405406 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | SAS ITRA CONSULTING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, M. A B, représenté par Me Traore, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions, contenues dans l'arrêté du 11 juin 2024, par lesquelles le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ou, subsidiairement, d'annuler uniquement cette dernière décision ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", sans délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour, dans le même délai, sous la même astreinte ou, subsidiairement encore, de réexaminer sa situation.
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, au profit de son avocat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus de séjour est entachée d'erreur de droit, dès lors que l'autorité préfectorale oppose la condition de présentation d'un visa de long séjour à sa demande de régularisation à titre exceptionnel ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 août 2024, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de M. Le Vaillant, conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 20 janvier 1985, déclare être entré en France en 2019. Le 5 septembre 2023, il a sollicité son admission au séjour. Par un arrêté du 11 juin 2024, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 78-2024-04-08-00002 du 8 avril 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 78-2024-128 de la préfecture des Yvelines le même jour, le préfet de ce département a donné délégation à M. C D, directeur des migrations, à l'effet de signer, notamment, toutes décisions ressortissant aux attributions de sa direction, à l'exception d'un certain nombre de décisions auquel n'appartiennent ni les décisions de refus de séjour ni les obligations de quitter le territoire français. D'autre part, en vertu d'un arrêté n° 78-2021-02-01-006 du 1er février 2021 portant organisation de services de la préfecture et des sous-préfectures, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Yvelines du même jour, la direction des migrations met en œuvre la réglementation relative à l'entrée et au séjour des ressortissants étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision portant refus de séjour doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant.
4. En troisième lieu, toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation de la situation d'un ressortissant tunisien qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
5. En quatrième lieu, il ne ressort ni de l'arrêté attaqué ni d'aucune pièce du dossier que l'autorité préfectorale aurait entaché sa décision d'un détournement de pouvoir, dont le requérant ne précise au demeurant pas en quoi il aurait consisté, en se bornant à affirmer que la finalité de la décision litigieuse était de faire échec à sa demande de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
6. En cinquième lieu, il ne ressort pas de l'arrêté attaqué que l'autorité préfectorale aurait opposé, afin de refuser l'admission au séjour de M. B à titre exceptionnel, l'absence de visa de long séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En sixième lieu, M. B, qui ne justifie sa présence en France qu'à compter du mois de mai 2020, se prévaut de l'exercice d'une activité professionnelle depuis l'année 2021. Il se borne, afin de justifier de cette activité, en qualité de mécanicien, à produire des bulletins de salaire des mois de février 2021 et septembre 2023 à mars 2024, un certificat de travail relatif à la période de janvier à juin 2021 et un contrat de travail à durée indéterminée conclu le 5 avril 2022. L'arrêté attaqué fait quant à lui état, également, de l'exercice d'une telle activité au cours des mois de septembre, novembre et décembre 2021 et à compter du mois d'avril 2022. Par suite, eu égard à la durée du séjour et de l'activité professionnelle du requérant, en l'absence par ailleurs de tout élément d'insertion significatif, le préfet des Yvelines, en ayant refusé de l'admettre au séjour à titre exceptionnel, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Enfin, dès lors que l'intéressé ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de ce pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
9. Ainsi qu'il a été dit au point 7, il ressort des pièces du dossier que M. B séjourne en France depuis le mois de mai 2020 et y a exercé une activité professionnelle, ponctuellement au cours de l'année 2021 puis de manière pérenne à compter du mois d'avril 2022. Cependant, il ne fait état d'aucune insertion sociale ni d'aucune attache familiale en France, où il est célibataire et sans charge de famille. Il ne conteste pas disposer de telles attaches en Tunisie, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-cinq ans. Dans ces conditions, en ayant refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, le préfet des Yvelines n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, eu égard aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
11. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle du requérant doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 11 juin 2024, par lesquelles le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles relatives aux frais liés à l'instance, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Mauny, président,
M. Lutz, premier conseiller,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
A. LE VAILLANT
Le président,
Signé
O. MAUNYLa greffière,
Signé
C. BENOIT-LAMAITRIE
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026