mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2405622 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ROBATEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2024, M. G A, M. D E, M. C B, Mme I et Mme F H, représentés par Me Robatel, demandent au juge des référés :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'arrêté du 30 mai 2024 par lequel le maire de Viry-Chatillon a ordonné aux occupants des parcelles cadastrées AE n° 0007 et n° 0009 situées avenue du Bellay sur le territoire de cette commune de quitter les lieux dans un délai de quatre jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à leur conseil en contrepartie de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie dès lors qu'ils ne disposent que de quatre jours pour quitter les lieux et que cette expulsion risque de les exposer à une extrême précarité et porte une atteinte suffisamment grave à leur situation, et notamment à celle des enfants du campement ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* l'acte attaqué est pris par une autorité incompétente ;
* l'arrêté est insuffisamment motivé ;
* il méconnait les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
* il méconnait les dispositions de l'article 197 de la loi du 23 novembre 2018 et est ainsi entaché d'un vice de procédure ;
* il les prive du droit au recours effectif ;
* il est entaché d'une inexactitude matérielle des faits quant à la réalité des désordres et des risques allégués ;
* il n'a pas été précédé d'un diagnostic social en méconnaissance de la circulaire du 26 août 2012 relative à l'anticipation et à l'accompagnement des opérations d'évacuation des campements illicites et de l'instruction du 25 janvier 2018 visant à donner une nouvelle impulsion à la résorption des campements illicites et des bidonvilles ;
* il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une violation du droit à la protection du domicile et des biens ;
* la mesure est disproportionnée ;
* l'arrêté litigieux méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;
* il méconnait les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale de New-York relative aux droits de l'enfant.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 4 juillet 2024 sous le numéro 2405621 par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Les requérants ainsi que leurs familles occupent illégalement les parcelles cadastrées AE n° 0007 et n° 0009, situées avenue de Bellay sur le territoire de la commune de Viry-Chatillon. Par un arrêté du 30 mai 2024, le maire de Viry-Chatillon a ordonné aux occupants de ce campement de quitter les lieux dans un délai de quatre jours. Par la présente requête, M. A et autres demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. Pour l'application des dispositions citées au point 2, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans ce cadre, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier d'une situation d'urgence, M. A et autres soutiennent que l'exécution de l'arrêté du 30 mai 2024 doit être suspendue dès lors qu'il porte une atteinte grave et immédiate à leur situation, alors que ce campement comprend des enfants scolarisés. Toutefois, il résulte des termes de cet arrêté, qui se borne à mettre en demeure les occupants sans droit ni titre de quitter les lieux dans un délai de quatre jours, n'a pas pour objet de permettre aux autorités administratives compétentes de procéder à l'évacuation forcée des parcelles avec le concours de la force publique en cas d'inexécution. Il n'a, de plus et dans ces circonstances, pas pour effet de déscolariser les enfants des familles se trouvant sur ce terrain. En outre, il résulte des termes de l'arrêté attaqué que l'occupation du terrain en cause représente des risques que cet arrêté vise à prévenir, liés à l'absence de raccordement des parcelles à l'eau potable, de système d'assainissement et de point de collecte de déchets, ainsi qu'à la présence d'un groupe électrogène alimenté au carburant sur le site, dont il résulte de l'instruction qu'il est boisé et, par conséquent, exposé au risque d'incendie. Dans ces conditions, l'intérêt public s'attachant à la prévention des risques d'atteinte à la sécurité et à la salubrité publiques, ci-dessus exposés justifie de l'existence d'une urgence à ne pas suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de Viry-Châtillon. Par suite, et alors qu'il leur est loisible, en l'absence de proposition de relogement faite par la commune, de demander aux services de l'Etat comme de la commune de pourvoir à leur hébergement, les requérants ne sauraient se prévaloir de ce que l'exécution de l'arrêté en litige, au vu des circonstances au regard desquelles il a été pris, porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à leur situation personnelle. Par suite, la condition d'urgence, au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme satisfaite.
5. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition relative à l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête présentée par M. A en toutes ses conclusions. En outre, à défaut d'urgence démontrée, il n'y a pas lieu d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A et autres ne sont pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A et autres est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A, premier dénommé pour l'ensemble des requérants.
Fait à Versailles, le 10 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026