jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406114 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FAZOLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, Mme D A, représentée par Me Fazolo, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 7 février 2024 par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé de renouveler sa carte de séjour avec changement de statut vers une carte de séjour mention " vie privée et familiale " en qualité de conjointe de Français ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne ou au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer sans délai, pendant toute la durée de ce réexamen, un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, document qui devra être renouvelé jusqu'à la délivrance de la carte de séjour demandée ou jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de sa requête en annulation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la condition d'urgence est remplie, dès lors que les attestations de prolongation d'instruction qui lui ont été délivrées ne lui permettent d'exercer une activité professionnelle que dans la limite des droits ouverts au titre de la carte de séjour temporaire " étudiant " dont elle était titulaire, à savoir 60 % de la durée annuelle de travail ; qu'elle occupe des fonctions de juriste en entreprise en contrat à durée indéterminée à temps plein depuis le 23 avril 2024 et qu'à défaut de changement de statut et de délivrance d'un titre l'autorisant à travailler sans restrictions, son employeur devra rompre son contrat ;
-il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors qu'elle n'est pas motivée, qu'elle est entachée d'une erreur de droit dans la mesure où la requérante remplissait toutes les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-1 et L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2404803 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Chong-Thierry, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er août 2024, tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Chong-Thierry, juge des référés ;
- les observations de Me Decarnin, substituant Me Fazolo, représentant Mme A, présente, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 9h51.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante brésilienne née le 21 novembre 1993, est entrée en France le 20 septembre 2021 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " et valable jusqu'au 18 septembre 2022. Elle a ensuite obtenu un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 29 novembre 2023. Le 7 octobre 2023, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour avec changement de statut vers une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", en qualité de conjointe de Français. Du silence gardé par l'administration pendant une période de quatre mois à compter de la réception de sa demande est née une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mme A demande, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative, la suspension de cette décision implicite de rejet.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. A ce titre, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme dans le cas d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Au cas d'espèce, Mme A n'a pas demandé le renouvellement du titre de séjour mention " étudiant " dont elle a été mise en possession le 30 novembre 2022, mais la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", en qualité de conjointe de Français. Toutefois, il résulte de l'instruction que la requérante, inscrite en doctorat d'histoire et de sémiologie du texte et de l'image à l'université Paris-Cité et en master de droit des affaires à l'université Paris Panthéon-Assas, a signé un contrat à durée indéterminée avec la société Sebia le 23 avril 2024 en qualité de juriste et qu'en raison du plafonnement des heures de travail que peut réaliser un étranger lorsqu'il est en possession d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", son employeur l'a avertie par courriel que son contrat sera rompu après le 28 août 2024, date d'expiration de son attestation de prolongation d'instruction. De plus, Mme A, qui s'est mariée le 7 octobre 2023 avec M. C B, ressortissant français, a adressé quatre courriels aux services de la préfecture et produit un courriel supplémentaire de son employeur pour les alerter sur l'urgence de sa situation. Dans ces conditions, la condition tenant à l'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
5. Aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; /2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / (). Aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".
6. Les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-2 et L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les deux conditions prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies. Dès lors, Mme A est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne a rejeté sa demande de changement de statut vers une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. La suspension des effets de l'exécution de la décision ainsi ordonnée implique que la préfète de l'Essonne procède au réexamen de la situation de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et lui délivre dans un délai de huit jours à compter de cette notification et durant le temps de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 7 février 2024 par laquelle la préfète de l'Essonne a implicitement rejeté la demande de titre de séjour de Mme A est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A, à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Versailles, le 1er aout 2024.
La juge des référés,
signé
C. Chong-Thierry
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°240611400
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026