vendredi 6 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre - 4/11u |
| Avocat requérant | WOMASSOM TCHUANGOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2024, Mme C B, représentée par Me Womassom Tchuangou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligée à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, en l'informant qu'elle fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, sous une astreinte de 200 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur les décisions portant refus d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français :
- ces décisions sont illégales du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a désigné Mme Marc pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 septembre 2024 qui s'est tenue en présence de M. Ileboudo, greffier :
- le rapport de Mme Marc, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la substitution à la base légale retenue par la préfète celle de l'article L. 611-1 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les observations de Me Womassom Tchuangou représentant Mme B, non présente, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante ivoirienne née le 9 juillet 2004, est entrée en France le 6 août 2019 sous couvert d'un visa, alors qu'elle était mineure. Par un arrêté du 5 juillet 2024, la préfète de l'Essonne l'a obligée à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant qu'elle fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
3. Il ressort des pièces du dossier que si Mme B est entrée sur le territoire français munie d'un visa, contrairement à ce que retient la préfète dans son arrêté du 5 juillet 2024, il est constant que ce visa est expiré depuis le 11 janvier 2020 et qu'elle s'est maintenue sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour. Si Mme B soutient que, contrairement à ce que retient la préfète, elle a entrepris des démarches visant à régulariser sa situation administrative, elle produit au soutien de ses allégations une attestation de dépôt d'une demande de titre de séjour en date du 8 mars 2023, soit plus de trois ans après l'expiration de son visa. En outre, une telle circonstance, dès lors qu'il s'agit d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour, ne saurait par elle-même faire obstacle à ce que la préfète de l'Essonne édicte à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par conséquent, la préfète de l'Essonne aurait pris la même décision portant obligation de quitter le territoire français si elle s'était fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui peuvent ainsi être substituées à celles du 1° de cet article. Cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressée d'aucune garantie et l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'une ou l'autre de ces deux dispositions.
4. En premier lieu, compte-tenu de ce qui a été exposé au point précédent, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige est entaché d'erreur de fait dès lors que la préfète s'est fondée sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que la requérante est entrée régulièrement sur le territoire français, doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France le 9 août 2019, à l'âge de quinze ans, sous couvert d'un visa. Si elle établit avoir obtenu son baccalauréat en France en 2021, puis avoir suivi deux années de licence de droit à l'Université d'Evry Val d'Essonne en 2021/2022 et 2022/2023, puis avoir intégré l'école supérieur de commerce ESVE à Paris pour l'année 2023/2024, et avec laquelle elle a effectué un stage du 8 janvier 2024 au 9 février 2024, elle ne démontre pas pour autant la réalité des liens personnels sur le territoire français dont elle se prévaut, par la seule production d'un jugement du 24 février 2021 du tribunal judiciaire de Partis, déclarant exécutoire la décision du 17 juillet 2019 rendue par le juge des tutelles du tribunal de première instance d'Abidjan selon laquelle les droits de la puissance paternelle la concernant sont exercés par M. A jusqu'à sa majorité. De plus, si elle produit une promesse d'embauche en tant que commerciale polyvalente datée du 12 juin 2024, cette démarche d'insertion professionnelle présente un caractère récent. Enfin, elle ne conteste pas ne pas être dépourvue d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision attaquée ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et ne méconnaît, dès lors, pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire et la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme B n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire et celle lui faisant interdiction de retour sur le territoire français n'est pas fondée et doit ainsi être écartée.
7. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment au point 6, les décisions en litige ne sont pas entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Essonne du 5 juillet 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fins d'injonction et celles relatives aux frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
E. Marc Le greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026