jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406447 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GAGNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2024, M. B D, retenu au centre de rétention administratif de Plaisir, représenté par Me Gagnet, avocate commise d'office, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2024 par lequel le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans et l'a informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour.
Il soutient que :
Quant aux moyens communs à l'ensemble des décisions :
- l'arrêté est signé par un auteur incompétent ;
- il insuffisamment motivé ;
Quant à la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle méconnaît l'article 41 de la charte des droit fondamentaux de l'Union européenne ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnaît son droit à se voir délivrer un titre de séjour de plein droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Quant à la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Quant à la décision portant refus de départ volontaire :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Quant à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines qui n'a pas produit d'observations et a transmis des pièces complémentaires enregistrées le 31 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er août 2024 qui s'est tenue en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Me Gagnet, avocate commise d'office, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle précise ;
- les observations de M. D ;
- les observations de Me Hafdi représentant la préfecture des Yvelines.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant congolais né le 24 juin 1995, déclare être entré en France en 2008. Par un arrêté du 24 juillet 2024, dont il demande l'annulation, le préfet des Yvelines l'a obligé de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de cinq ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, M. Julien Bertrand, conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, directeur des migrations, a reçu, par un arrêté du préfet des Yvelines en date du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, pour signer les décisions attaquées qui relèvent des attributions de la direction des migrations. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté manque en fait et doit être écarté pour chacune des décisions qu'il comporte.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. D ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour lui refuser le bénéfice d'un délai de départ volontaire, pour lui faire interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans et pour fixer le pays de destination de sa reconduite. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
5. Si les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français, celui-ci peut néanmoins utilement faire valoir que le principe général du droit de l'Union européenne, relatif au respect des droits de la défense, imposait qu'il soit préalablement entendu et mis à même de présenter toute observation utile sur la mesure d'éloignement envisagée. Toutefois, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision défavorable est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. D a été entendu, suite à sa garde à vue le 24 juillet 2024, lors d'une audition au cours de laquelle il a pu présenter toute observation utile, avant que ne soit pris l'arrêté attaqué. En outre, il n'établit pas avoir été privé de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de l'arrêté attaqué. Il s'ensuit que M. D n'est pas fondé à invoquer la méconnaissance de son droit d'être entendu. Par suite, le moyen tiré d'un vice de procédure doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes des stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré en France au plus tard en 2009, date à laquelle il a été inscrit au collège d'Epône, qu'il a été scolarisé en classe de seconde dans un lycée en 2011-2012, qu'il a vécu en concubinage avec une ressortissante congolaise, Mme E, munie d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 18 décembre 2025, avec laquelle il a une fille, A, née le 20 juillet 2019 à Mantes-la-Jolie, dont il soutient assurer l'éducation et l'entretien. Il produit au dossier diverses photos sur lesquelles il figure avec son enfant, l'acte de naissance de sa fille ainsi que le certificat de scolarité de celle-ci. Il produit également un témoignage d'une mère d'élève allant à la même école que sa fille, établi le 29 juillet 2024, par lequel elle soutient que le requérant accompagne chaque jour sa fille à l'école et est impliqué. De plus, il produit le témoignage du responsable d'un espace jeune de la mairie d'Epône, lieu de résidence de son ex-concubine chez laquelle il résidait préalablement, établi le 26 juillet 2024 et qui soutient avoir vu à plusieurs reprises l'intéressé amener sa fille à l'école ou se promener avec elle. En outre, il produit le témoignage de son ex-concubine, établi le 25 juillet 2024, par lequel elle soutient qu'elle a mis un terme à sa relation avec le requérant il y a neuf mois, qu'il a tenu à son endroit des propos inacceptables et non autorisés, mais qu'il a toujours été un bon père et que sa fille a besoin de son père à ses côtés. Il fait enfin valoir qu'il est dépourvu d'attaches en République démocratique du Congo, son père étant décédé et sa mère avec laquelle il n'a plus de contact n'y résidant plus. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. D a été placé en garde à vue le 24 juillet 2024 pour menaces de mort réitérées par conjoint, que malgré la séparation souhaitée par la mère de son enfant, il s'est maintenu au domicile de l'intéressée pendant plusieurs mois jusqu'à la date du 24 juillet 2024 à laquelle il a été convoqué au commissariat suite à la plainte de son ex-compagne, puis placé en garde à vue, et il déclare au cours de son audition du 24 juillet 2024 avoir encore ses affaires chez elle. De plus, si le requérant soutient ne pas avoir été violent avec son ex-compagne, la préfecture a indiqué au cours de l'audience, sans être contestée, que l'affaire n'a pas été classée sans suite et que l'intéressé fait l'objet d'une mesure d'interdiction d'approcher son ex-compagne. En outre, M. D n'a pas de source de revenus, indique assurer parfois des interventions lors de tournées au sein d'un ensemble de rap dirigé par son cousin. De plus, il ne justifie pas de la stabilité de ses liens personnels ou familiaux en France, ou de conditions d'existence pérennes ou d'une insertion particulièrement forte dans la société française. Enfin, s'il a produit les attestations déjà mentionnées et des photographies de nature à montrer un lien avec sa fille, il ne produit aucune pièce de nature à établir son implication dans l'éducation et l'entretien de celle-ci. Dans ces conditions, le préfet des Yvelines n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant en obligeant le requérant à quitter le territoire français. Pour les mêmes motifs, il n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
10. Si M. D soutient qu'il est parent d'enfant français, il ne l'établit pas en ce qui concerne sa fille née en 2019 à Mantes-la-Jolie qui a pour mère Mme E, ressortissante congolaise née en 1997 au Congo, et pour père le requérant, ressortissant congolais né en 1995 en république démocratique du Congo. De plus, M. D ne conteste pas n'avoir entamé aucune démarche pour régulariser sa situation après la naissance de sa fille. En outre, comme il a été dit au point 8 du présent jugement, M. D ne justifie pas participer à l'entretien et à l'éducation de sa fille. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait illégale dès lors que l'intéressé pouvait prétendre à un titre de séjour en tant que parent d'enfant français doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
12. En premier lieu, comme il a été dit au point 11 du présent jugement, il n'est pas établi que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement, la décision attaquée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
14. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 juillet 2024 fixant le pays de renvoi.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, comme il a été dit au point 11 du présent jugement, il n'est pas établi que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale. Par suite, la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'une décision faisant obligation de quitter le territoire français illégale. Le moyen tiré d'une telle exception d'illégalité ne peut, dès lors, qu'être écarté.
16. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; (). "
17. Le préfet des Yvelines s'est fondé sur les dispositions précitées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas contesté que M. D n'est pas entré régulièrement en France et si M. D soutient avoir fait une demande de titre de séjour auprès de la préfecture des Yvelines en 2016 et être resté sans nouvelles, il n'en justifie pas. Au surplus, si dans sa requête l'intéressé soutient que le préfet s'est fondé sur le 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constatant qu'il ne justifiait pas de garanties de représentation suffisantes, cela ne ressort pas des termes de la décision attaquée, et en tout état de cause, en étant hébergé à Mantes-la-Jolie chez une personne dont on ignore les liens avec l'intéressé, il ne justifie pas de garanties de représentation suffisantes. Par suite, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
18. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 24 juillet 2024 de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
20. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré en France en au plus tard en 2009. De plus, comme il a été dit au point 8 du présent jugement, il a en France une fille née en 2019 née de l'union avec son ex-conjointe qui vit en France en situation régulière. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, en considérant que M. D ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire particulière pour prendre à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de cinq ans, le préfet des Yvelines a commis une erreur manifeste d'appréciation.
21. Il résulte de ce qui précède que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision du 24 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de cinq ans, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 24 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
23. L'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans prise à l'encontre de M. D implique nécessairement l'effacement du signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen résultant de cette décision. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet des Yvelines de mettre en œuvre la procédure d'effacement de ce signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 24 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de mettre en œuvre la procédure d'effacement du signalement de M. D aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er août 2024.
Le magistrat désigné,
signé
J-L. C Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2406447
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026