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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406450

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406450

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406450
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantLANGUEDOC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2408594 du 24 juillet 2024, le vice-président du tribunal administratif de Melun a transmis le dossier de la requête de M. C B au tribunal administratif de Versailles, en application des articles R. 312-8 et R. 351-3 du code de justice administrative.

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2023 au tribunal administratif de Versailles, M. C B, alors incarcéré au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis et maintenant retenu au centre de rétention administratif de Plaisir après avoir été retenu au centre de rétention du Mesnil-Amlot, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 juin 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.

Il ne présente aucun moyen au soutien de ses conclusions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 juillet 2024 qui s'est tenue en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière :

- le rapport de M. A ;

- les observations Me Languedoc, avocate de permanence, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins que sa requête et soutient que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la situation personnelle de l'intéressé ;

- les observations de M. B ;

- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant marocain né le 25 avril 2006, est entré sur le territoire français en 2019 ou 2020, selon ses déclarations. Par un arrêté du 18 juin 2024, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de retour :

2. Par des pièces complémentaires adressées au tribunal pour M. B et enregistrées le 26 juillet 2024, l'intéressé indique qu'il est domicilié auprès de l'association Aurore, qu'il a réussi l'examen attestant le niveau A1 du cadre européen pour les langues le 6 mars 2023 après avoir reçu l'attestation du niveau A1.1 le 6 juillet 2022, qu'il a fait des démarches pour rencontrer un psychologue en février et mars 2023, et qu'il a fait des stages de coiffure dans un salon de coiffure au cours des mois de septembre et d'octobre 2022 dans le cadre de sa prise en charge par le centre éducatif l'Albatros. De plus, il fait valoir à l'audience qu'il a quitté son pays à l'âge de douze ans, qu'il n'a plus d'attaches au Maroc et ne connaît plus ce pays, et qu'il a ses repères en France. Il précise qu'il a suivi une scolarité jusqu'à la classe de seconde " électricité " dans un établissement scolaire à Marseille, et qu'il est arrivé à Paris il y a un peu moins d'un an. Toutefois, M. B est entré en France sans pouvoir justifier d'un document transfrontière et n'est pas titulaire d'un titre de séjour. De plus, le stage de coiffure dont il se prévaut date de 2022 et n'a duré que moins de trois mois, et si l'intéressé soutient qu'il a également exercé dans des salons de coiffure il ne l'établit pas. De plus, les autres pièces produites ne permettent pas d'établir une insertion actuelle dans la société française. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire, sans enfant à charge, et qu'il réside parfois chez sa compagne, parfois dans la rue. De plus, M. B a été condamné le 9 janvier 2024 à une peine de 8 mois d'emprisonnement et 10 mois de sursis probatoire de trois ans pour violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un PACS, et il a fait l'objet de neuf signalements pour violence aggravée le 15 mai 2022, pour vol en réunion sans violence le 1er septembre 2023, pour violence aggravée le 10 septembre 2023, pour port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D le 14 août 2023, pour recel de bien provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas cinq ans d'emprisonnement le 20 mai 2023, pour violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité et violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours le 14 janvier 2023, pour port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D le 27 octobre 2022, pour vol aggravé par deux circonstances sans violence le 21 mai 2023, et pour violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne ayant été conjoint ou concubin ou partenaire lié à la victime par un PACS le 26 décembre 2023. En outre il a fait usage de plusieurs alias pour dissimuler son identité. Dans ces conditions, le préfet a pu prendre à l'encontre de M. B une décision l'obligeant à quitter le territoire français et une décision fixant le pays de retour sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :

3. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, en se fondant sur le fait que M. B représente une menace à l'ordre public et qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, la préfète de l'Essonne a pu prendre à l'encontre de l'intéressé une décision de refus d'octroi de délai de départ volontaire sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

4. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, en estimant que M. B ne peut se prévaloir d'aucune circonstance humanitaire particulière, la préfète de l'Essonne a pu prendre à l'encontre de l'intéressé une décision d'interdiction de retour sur le territoire français sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la préfète de l'Essonne.

Lu en audience publique le 30 juillet 2020.

Le magistrat désigné,

signé

J-L. A La greffière,

signé

L. Ben Hadj Messaoud

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2406450

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