vendredi 23 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406503 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SENAH |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2401796 du 26 juillet 2024, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a transmis la requête de M. A B, enregistrée au greffe de ce tribunal le 25 juillet 2024, au tribunal administratif de Versailles, qui l'a enregistrée le 26 juillet 2024.
Par cette requête, M. B, représenté par Me Senah, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel la préfète de la Haute-Marne a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée initiale d'un an qui avait été prise à son encontre par un arrêté du 20 août 2023 du préfet de l'Essonne ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an prise à son encontre le 20 août 2023 par le préfet de l'Essonne, qui est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 août 2024, la préfète de la Haute-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Mathé, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 août 2024, en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme Mathé, magistrate désignée ;
- les observations de Me Senah, représentant M. B, non présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il développe ;
- la préfète de la Haute-Marne n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais né le 29 décembre 1982 à Brazzaville, est, selon ses déclarations, entré en France le 14 février 2017 sous couvert d'un visa touristique. Par un arrêté du 20 août 2023, le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an. Le 19 juillet 2024, M. B a été interpellé par les services de la gendarmerie de Rolampont à la suite d'un contrôle ferroviaire. Par un arrêté du 19 juillet 2024, la préfète de la Haute-Marne a décidé de prolonger d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français qui avait été prise à son encontre par l'arrêté du 20 août 2023. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2024 de la préfète de la Haute-Marne.
2. En premier lieu, par un arrêté n°52-2024-01-00146 du 31 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de la Haute-Marne du même jour, la préfète a donné délégation à M. Guillaume Thirard, secrétaire général, pour signer, notamment, la décision attaquée du 19 juillet 2024. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-11 de ce code : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai (). " Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même () pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
4. M. B ne justifie pas résider de manière habituelle et continue sur le territoire français depuis 2017. En outre, s'il a déclaré vivre en concubinage depuis 2023 et avoir deux enfants à charge, il ne produit aucun élément permettant de l'établir, et il ne se prévaut pas avoir noué d'autres liens intenses en France. Il ne justifie pas non plus d'une intégration particulière en France hormis une activité professionnelle de carrossier qui demeure très récente. Par ailleurs, il ne conteste pas avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement du territoire français prise par le préfet de Belfort le 16 septembre 2020, à laquelle il s'est soustrait, ni, par la suite, s'y être maintenu irrégulièrement après avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai par un arrêté du préfet de l'Essonne du 20 août 2023. Dans ces conditions, et alors même que sa présence sur le territoire français ne représente pas une menace pour l'ordre public, c'est à bon droit que le préfet de l'Essonne a pu prendre à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an le 20 août 2023, au regard des éléments existants à cette date, et que la préfète de la Haute-Marne a prolongé celle-ci pour une année, le 19 juillet 2024. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-10 et L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celui tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision du 20 août 2023 du préfet de l'Essonne doivent ainsi être écartés.
5. En dernier lieu, compte tenu des éléments mentionnés au point 4, le moyen tiré de la méconnaissance de stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel la préfète de la Haute-Marne a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée initiale d'un an qui avait été prise à son encontre par un arrêté du 20 août 2023 du préfet de l'Essonne. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la préfète de la Haute-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 août 2024.
La magistrate désignée,
signé
C. Mathé
Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne à la préfète de la Haute-Marne ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026