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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406615

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406615

vendredi 23 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406615
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantDURANT-GIZZI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. A C, ressortissant portugais, qui contestait un arrêté préfectoral du 16 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de trois ans. Le requérant invoquait une atteinte à sa vie privée et familiale au sens de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, en raison de la présence en France de sa compagne et de ses enfants. Le tribunal a estimé que ces allégations n’étaient pas étayées et a relevé que l’intéressé avait été condamné pour violences conjugales, justifiant ainsi la mesure au regard de l’ordre public. La solution retenue est le rejet de la requête, sur le fondement de l’article 8 de la Convention et des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 juillet 2024, M. D A C demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 16 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Connin, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Connin ;

- les observations de Me Durant-Gizzi, avocate désignée d'office représentant M. A C, présent, assisté de M. B, interprète en langue portugaise, qui conclut aux mêmes fins que la requête et soutient que l'arrêté attaqué méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D A C, ressortissant portugais né le 8 juillet 1981, déclare être entré en France au mois de novembre 2023. Par un arrêté du 16 juillet 2024, dont M. A C demande l'annulation, la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

2. L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

3. M. A C fait valoir que sa compagne et leurs deux enfants mineurs résident en France, tout comme son ex-conjointe avec laquelle il a eu un autre enfant, et qu'il a travaillé comme technicien de surface sous contrat à durée indéterminée avant d'effectuer des missions d'intérim dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Toutefois, il n'apporte aucun élément au soutien de ces allégations. Il ressort en outre des pièces du dossier que deux signalements ont été émis à son encontre les 7 janvier et 30 avril 2024 pour des faits de violences conjugales et qu'il a été condamné par le tribunal correctionnel de Bobigny le 2 mai 2024 à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de violence n'ayant entraîné aucune incapacité sur une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire d'un pacte civil de solidarité en présence d'un mineur. Compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, l'arrêté attaqué ne porte pas au droit de M. A C au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations précitées, une atteinte disproportionnée aux buts de préservation de l'ordre public en vue desquels il a été pris. Par suite, il ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 juillet 2024 de la préfète de l'Essonne.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A C et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 août 2024.

Le magistrat désigné,

signé

N. Connin

La greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

4

N° 1901371

8

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