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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406653

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406653

mercredi 21 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406653
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantDIENG

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête de M. C, ressortissant sri-lankais, qui contestait un arrêté préfectoral l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour de cinq ans. Le juge a estimé que le comportement de l'intéressé, condamné pour vol et signalé pour des violences, constituait une menace pour l'ordre public au sens de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision préfectorale n'a donc pas été jugée entachée d'erreur d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. B C, détenu au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er août 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant cinq ans, en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Il n'invoque aucun moyen à l'appui de ses conclusions.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 août 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que l'arrêté attaqué est légal.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Mathé, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 août 2024 qui s'est tenue en présence de Mme Amegee, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Mathé, magistrate désignée ;

- les observations de Me Dieng Youma, avocate commise d'office, représentant M. C, présent, assisté de M. A, interprète en langue tamoul, qui conclut aux mêmes fins que la requête ; elle soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le comportement de M. C ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente ni représentée.

La clôture de l'audience a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant sri-lankais né le 6 janvier 1993, est, selon ses déclarations, entré en France le 12 novembre 2022. Par un arrêté du 1er août 2024, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant cinq ans. Par sa requête, M. C, détenu au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; / () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été condamnée par un jugement du tribunal correctionnel de Bobigny rendu le 18 juin 2024, à une peine de huit mois d'emprisonnement pour des faits de vol commis dans un lieu destiné à l'accès à un moyen de transport collectif de voyageurs. Au surplus, le requérant ne conteste pas avoir commis des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, le 16 juin 2024, pour lesquels il a fait l'objet d'un signalement. Dans ces conditions, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation en considérant que le comportement de M. C constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, ce moyen doit être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er août 2024 de la préfète de l'Essonne.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 août 2024.

La magistrate désignée, La greffière,

signé signé

C. MathéE. Amegee

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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