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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2406663

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2406663

lundi 5 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2406663
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBENIFLA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A B, ressortissant marocain, qui demandait la suspension de l'arrêté préfectoral du 4 juillet 2024 refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées, en l'absence de preuve d'une réinscription effective pour l'année universitaire 2024-2025. La condition d'urgence n'a pas été examinée, le recours étant manifestement mal fondé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. A B, représenté par Me Benifla, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'arrêté du 4 juillet 2024 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, sous astreinte de 10 euros par jour de retard au-delà d'un délai d'un mois, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant élève " dans ce délai ou à défaut de procéder à un nouvel examen et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Benifla d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Benifla renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il justifie de son inscription pour 2024-25 et la nécessité de pouvoir suivre son cursus et qu'il doit quitter volontairement la France avant le 4 août sous peine de faire l'objet d'une interdiction de retour, alors qu'il est en cours de contrat à durée déterminée ;

- les moyens suivants sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées : la décision de refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire sont entachées d'incompétence ; ces décisions ainsi que celle fixant le pays de destination sont entachées d'un défaut de motivation révélant un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ; le refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ; le refus de titre de séjour et la décision fixant le pays de destination sont illégaux en raison de l'illégalité de la décision refusant le renouvellement du titre de séjour ; l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, de nationalité marocaine, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 4 juillet 2024 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de son article L. 522-3, lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'engager le contradictoire ou de tenir une audience.

3. Aux termes des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. ". En l'espèce, si au terme de l'année 2022-23, le sérieux des études du requérant a été attesté par son admission en deuxième année du cursus ingénieur de l'ECE, toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'au terme de son année de césure 2023-24, il se soit effectivement réinscrit dans son école pour l'année universitaire à venir.

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens visés ci-dessus n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées. Il y a lieu, dès lors, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions de la requête tendant à leur suspension, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant au bénéfice des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Benifla.

Fait à Versailles, le 5 août 2024.

La juge des référés,

Signé

J. Grand d'Esnon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°240666300

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