lundi 16 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2406736 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 30 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Versailles le dossier de la requête de M. C A.
Par une cette requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 5 juillet et 4 septembre 2024 au tribunal administratif de Paris, M. A, représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel le préfet de Police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office.
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne ou tout préfet territorialement compétent de procéder à un réexamen de sa situation administrative dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué émane d'une autorité qui ne justifie pas de sa compétence ;
- il est insuffisamment motivé et traduit un défaut d'examen particulier de sa situation au regard de son insertion professionnelle en France, dès lors qu'il y exerce une activité de longue date, notamment au sein de la société Eficium Paris Est qui l'emploie en qualité d'agent de service, ce dont il justifie par les fiches de paye qui lui ont été délivrées, tandis qu'il a déposé au mois d'août 2023 une demande de titre de séjour auprès de la préfecture de l'Essonne ; de même, il est insuffisamment motivé au regard de son intégration personnelle et sociale alors qu'il a noué des relations amicales et professionnelles sur le territoire ;
- il a été pris en méconnaissance du droit à être préalablement entendu consacré par les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne comme l'atteste son absence d'audition réelle et effective et le fait que le préfet ne fasse pas mention de sa demande de régularisation ;
-il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'il a déposé une demande de rendez-vous auprès de la préfecture de l'Essonne au mois d'août 2023 et réside sur le territoire depuis 2014, justifiant ainsi d'une présence de dix ans démontrée par de nombreux éléments ; de même, il justifie de plus de huit ans d'ancienneté dans le même secteur d'activité et est parfaitement intégré à la société française dont il maîtrise la langue et respecte les obligations fiscales ;
- pour les mêmes motifs, il méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale consacré par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2024, le préfet de Police représenté par Me Rannou conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme D pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L.921-1 et L.921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article L.922-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 septembre 2024 :
- le rapport de Mme D ;
- les observations de Me Belaref, substituant Me Giudicelli-Jahn, représentant M. A, non présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en rappelant que le requérant a déposé le 22 août 2023 une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture de l'Essonne, toujours en cours ;
- en présence de Mme B ;
-le préfet n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 18 octobre 1989, est entré en France, selon ses déclarations, en 2014 sans être en possession des documents exigés par l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et s'y est maintenu irrégulièrement depuis lors, formulant toutefois le 22 aout 2023 une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail, toujours en cours d'instruction auprès de la préfecture de l'Essonne à la date du présent jugement. Par un arrêté du 3 juillet 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de Police l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office.
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A justifie par des fiches de paye établies depuis 2018 par la société de nettoyage SAS Eficium, devenue Eficium Propreté Paris, occuper un poste d'agent de service, son employeur reconnaissant que son embauche s'est initialement contractée sous l'identité d'Iciara Cisse par une attestation établie dans le cadre de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Dans ces conditions, et compte tenu de la permanence de l'activité professionnelle déployée pour la même entreprise depuis près de six années, le préfet de Police doit être regardé comme ayant manqué à son obligation d'examen sérieux de la situation de M. A, dont la demande d'admission exceptionnelle au séjour était pendante devant le Préfet de l'Essonne et constituée d'éléments pertinents.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du préfet de Police lui faisant l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours dont il a fait l'objet ainsi que, par voie de conséquence, de la décision fixant le pays de destination.
4. Le présent jugement implique nécessairement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet de l'Essonne ou le préfet territorialement compétent réexamine la situation de M. A dans un délai de deux mois et lui délivre, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros qui sera versée à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du 3 juillet 2024 par lequel le préfet de Police a fait obligation à M. A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Police ou au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de Police et au préfet de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2024
La magistrate désignée,
signé
M. D Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet de Police en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026