lundi 18 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407114 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BILLONG BILLONG |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 août 2024 et le 21 août 2024 sous le numéro 2407114, M. A B, représenté par Me Billong Billong, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux a été signé par un auteur incompétent ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la qualification de menace à l'ordre public qu'il représenterait ;
- il est entaché d'erreurs de fait ;
- il méconnaît les articles L. 423-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les articles 6 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne le 19 août 2024, qui n'a pas présenté d'observations en défense.
II. Par une requête sommaire, enregistrée le 16 août 2024 au greffe de la cour administrative d'appel de Versailles et transmise au tribunal administratif de Versailles par une ordonnance du 22 août 2024, sous le numéro 2407248, M. A B, représenté par Me Billong Billong, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 août 2024 par lequel la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux a été signé par un auteur incompétent ;
- il est entaché d'une erreur de droit et de fait relative à la situation personnelle du requérant ;
- il méconnaît les articles 6 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour M. B, le 1er novembre 2024 postérieurement à la clôture automatique de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience sur ce litige en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hecht,
- et les observations de Me Billong Billong, représentant M. B
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 24 novembre 1999, déclare être entré en France en 2019. Par un arrêté du 14 août 2024, dont le requérant demande l'annulation, la préfète de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2407114 et 2407248 présentent à juger les mêmes questions et sont présentées contre la même décision. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
4. Il résulte des termes de l'arrêté en litige que, pour prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. B, la préfète de l'Essonne s'est notamment fondée sur l'article L. 611-1 précité et sur la circonstance que : " Monsieur B A déclare avoir effectué des démarches pour régulariser sa situation administrative sans qu'aucun élément corroborant ses dires ne ressorte au Fichier national des étrangers " et qu'il " s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier, que M. B a déposé une demande de titre de séjour le 25 octobre 2023, antérieurement à la décision attaquée, qu'il a écrit un mél à l'administration le 23 janvier 2024 pour connaître l'état de sa demande, que l'agence nationale des titres sécurisés (ANTS) lui a répondu par un courriel du 27 janvier 2024 que sa demande avait bien été reçue et qu'elle était en attente de traitement, que l'intéressé a envoyé un second courriel de relance à l'administration le 22 février 2024, pour lequel il a reçu une réponse similaire le 24 février 2024, et enfin qu'il a demandé, par l'intermédiaire de son conseil, Me Billong Billong, la communication des motifs du rejet de sa demande de titre de séjour par une lettre recommandée avec accusé de réception, réceptionnée le 15 juillet 2024. En outre, la préfète ne peut sérieusement soutenir en défense que la décision en litige serait justifiée au regard à la fois du 1° et du 3° de l'article L. 611-1 précité, sans apporter de précisions sur la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que la préfète de l'Essonne a entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen particulier de sa situation. Le moyen doit, par suite, être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 14 août 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a fait obligation à M. B de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. "
7. Le présent jugement implique seulement eu égard au motif d'annulation retenu et alors qu'aucun autre moyen n'est de nature à entraîner l'annulation de la décision contestée, que la préfète de l'Essonne réexamine la situation de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et lui délivre, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la préfète de l'Essonne du 14 août 2024 pris à l'encontre de M. B est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Billong Billong et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ouardes, président,
M. Fraisseix, premier conseiller,
M. Hecht, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 novembre 2024.
Le rapporteur,
signé
S. Hecht
Le président,
signé
P. OuardesLa greffière,
signé
E. Amegee
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2407248
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026