jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LEBON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, Mme A B, représentée par Me Lebon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et de lui délivrer dans l'attente de l'instruction de sa demande une autorisation provisoire de séjour.
Elle soutient que l'arrêté attaqué :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lellouch a été entendu au cours de l'audience publique.
1. Mme A B, ressortissante algérienne née le 3 juin 1989, est entrée en France le 19 août 2021 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiante. Elle a sollicité le 27 juillet 2023 le renouvellement de son titre de séjour tout en faisant valoir sa situation familiale. Par un arrêté du 14 août 2024, la préfète de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'éloignement d'office.
2. Le refus de titre de séjour, qui n'avait pas à reprendre l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressée, précise le fondement de la demande et fait état des éléments qui ont conduit la préfète de l'Essonne à refuser de renouveler son titre de séjour étudiant et à faire usage de son pouvoir de régularisation pour l'admettre à titre exceptionnel au séjour en dépit des éléments particuliers relatifs à sa situation personnelle et familiale qu'elle faisait valoir. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La mesure d'éloignement n'avait pas, en application des dispositions du 3° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à comporter de motivation distincte de celle du refus de titre de séjour. Enfin, la décision fixant le pays de destination précise que l'intéressée n'allègue pas être exposée à des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de renvoi en Algérie. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit dès lors être écarté.
3. Il ressort des termes mêmes de l'arrêté litigieux que la préfète de l'Essonne a procédé à un examen particulier de la situation de Mme B.
4. L'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés et leur durée de validité. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale. Dès lors que ces conditions sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de cet article à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, il y a lieu d'observer que ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, entrée en France en août 2021 en qualité d'étudiante, est mariée depuis le 8 janvier 2022 à un ressortissant algérien, qui était titulaire d'un certificat de résidence algérien valable du 25 juin 2023 au 24 juin 2024 dont le renouvellement était en cours d'instruction à la date de l'arrêté litigieux et qui exerce depuis le 12 juin 2013 une activité de coiffeur et depuis le mois de janvier 2024 dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, lui procurant un revenu net mensuel de près de 1 400 euros. Il ressort de ces mêmes pièces que le couple a eu un enfant né le 21 août 2022, que Mme B était enceinte à la date de l'arrêté attaqué et qu'elle venait d'obtenir une place en crèche pour la garde de son aîné pour l'année 2024-2024. Toutefois, Mme B, admise à entrer et à séjourner en France pour ses études, se borne à justifier relativement à son parcours étudiant de deux certificats de scolarité en licence 3 " sciences du langage " au titre des années 2023-2024 et 2024-2025 à l'université de Caen et de l'enregistrement de sa demande de transfert à la faculté de Saint-Denis, sans produire aucun relevé de notes. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'époux de la requérante ne pourrait pas retrouver un emploi ailleurs et que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer hors de France. Dans un tel contexte, alors que Mme B séjournait en France depuis moins de trois ans à la date de l'arrêté attaqué et que son époux, compatriote, ne bénéficiait que d'une carte de séjour temporaire dont le renouvellement était en cours d'instruction à cette même date, la requérante ne justifie pas de liens suffisamment anciens, intenses et stables avec la France pour considérer que l'arrêté en litige porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la préfète de l'Essonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir de régularisation pour délivrer à Mme B un titre de séjour.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 :Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
La présidente rapporteure,
signé
J. Lellouch
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
F. Gibelin La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026