lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407528 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET PAJ AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 août 2024, des pièces complémentaires enregistrées le 16 septembre 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le même jour, M. F G, représenté par Me Poulet, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre, à titre principal, l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé d'abroger, d'une part, l'arrêté n°2024-04 DRIHL/SHRU/BIHP du 15 janvier 2024 et, d'autre part, l'arrêté n°ARS-SE 2023.98 du 17 janvier 2024 ;
2°) de suspendre, à titre subsidiaire, l'exécution de cette décision implicite en tant qu'elle refuse d'abroger l'arrêté du 17 janvier 2024 qui déclare le logement insalubre et en tant qu'elle refuse d'abroger les mesures de l'arrêté du 17 janvier 2024 imposant d'installer un système de ventilation permanent et efficace, de refaire les revêtements dégradés (peintures, parquet), de supprimer l'ensemble des moisissures des revêtements du logement et de réparer ou changer les fenêtres non étanches ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'abroger les arrêtés précités des 15 et 17 janvier 2024 dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet d'abroger l'arrêté du 17 janvier 2024 en tant qu'il déclare le logement insalubre et qu'il impose les prescriptions précitées, dans le même délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ; en effet, le refus d'abroger opposé par le préfet des Hauts-de-Seine a pour conséquence de continuer à suspendre le versement des loyers ; la fin des derniers travaux est connue de l'administration depuis le 10 juin 2024 et en dernier lieu depuis le 14 septembre 2024 ; les propriétaires ont dû faire face à des dépenses importantes dans le cadre de la procédure d'insalubrité ; la décision attaquée fait obstacle à ce que les propriétaires puissent à nouveau occuper l'appartement et donner congé aux locataires ; les dégâts des eaux successifs rendent difficile, dans des conditions paisibles, la location de l'appartement du requérant, qui subit des infiltrations à répétition qui engendrent des contentieux civils ; enfin, le requérant a fait l'objet d'une assignation par le locataire devant le tribunal judiciaire de Courbevoie demandant sa condamnation en raison notamment de l'état des locaux ; en l'espèce, aucun danger manifeste et durable menace la santé des locataires ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige : en premier lieu, la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions du 1er alinéa de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, dès lors que toutes les mesures exigées en application de cet alinéa ont été réalisées ; en deuxième lieu, la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions du 2ème alinéa de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique, dès lors que toutes les mesures exigées en application de cet alinéa ont été réalisées, que les derniers travaux ont été réalisés le 10 juin 2024 puis dans le courant de l'été 2024, de sorte que plus rien ne justifie le refus d'abroger les arrêtés du préfet des Hauts-de-Seine ; en troisième lieu, la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard de l'article L.1334-7 du code de la santé publique et de l'article 5 de l'arrêté du 19 août 2011 relatif au constat de risque d'exposition au plomb, dès lors que le dernier rapport du 2 juillet 2024 ne conclut à l'existence d'aucune poussière et fait état d'une concentration en plomb de 18,6 µg/m², soit un résultat très inférieur au seuil réglementaire de 1 mg/cm² ; les résultats des mesures prescrites sont d'ailleurs confirmés par le résultat du contrôle après travaux du 2 juillet 2024 ; en quatrième lieu, la décision contestée est entachée d'erreur d'appréciation au regard des articles L.511-14 et L. 511-21 du code de la construction et de l'habitation ; en effet, les conditions prévues par la loi pour procéder à la mainlevée des arrêtés sont réunies, car la plupart des travaux ont été réalisés depuis plusieurs mois et les derniers sept points de plomb manquants ont été traités au plus tard le 10 juin 2024 et dernier lieu au cours de l'été 2024, ce dont l'administration a été informée par un courriel du 14 septembre 2024 ; ce changement de circonstance en fait, et en droit, justifie que le refus attaqué soit suspendu ; en cinquième et dernier lieu, la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L.243-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'en l'espèce, la situation d'insalubrité n'existe plus ; en effet, postérieurement à l'édiction des arrêtés, les travaux demandés par l'administration ont tous été effectués.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite et qu'aucun doute sérieux n'entache la légalité de la décision en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête par laquelle M. G demande l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 septembre 2024, tenue en présence de Mme Laforge, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Marc, juge des référés ;
- les observations de Me Poulet, pour M. G, qui persiste en ses conclusions et moyens ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience à 15 heures 55.
Considérant ce qui suit :
1. M. F G, M. C G, M. A G et Mme B D sont propriétaires indivis d'un logement situé au 6ème étage d'un immeuble au 2 bis rue Deleau sur le territoire de la commune de Neuilly-sur-Seine. Plusieurs désordres sont survenus en 2022 puis en 2024 aux étages supérieurs de cet immeuble, nés notamment de dégâts des eaux, et le logement en cause, donné en location à M. et Mme E H, a fait l'objet de deux arrêtés du préfet des Hauts-de-Seine. Par le premier d'entre eux, n°2024-04 DRIHL/SHRU/BIHP du 15 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine, estimant que toutes les mesures nécessaires devaient être prises afin de faire cesser tout danger d'intoxication ou de sur-intoxication par le plomb des peintures d'un enfant mineur ou d'une femme enceinte occupant ou fréquentant le logement en cause, a décidé que MM. G et Mme D étaient tenus, dans un délai d'un mois, de mettre en œuvre toutes les mesures de suppression du risque d'accessibilité au plomb et, par l'article 5 de cet arrêté, décidé que la mainlevée dudit arrêté ne pourrait être prononcée qu'après constatation par un opérateur mandaté et agréé par l'État de la réalisation complète des mesures prescrites. Par un second arrêté n°ARS-SE 2023.98 du 17 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a déclaré insalubre le logement en cause de façon remédiable. Par l'article 2 de ce même arrêté, il a prescrit aux propriétaires indivis " de réaliser selon les règles de l'art et dans le respect de la réglementation en vigueur, dans un délai de trois mois, les mesures suivantes : installer un système de ventilation permanent et efficace dans la cuisine et le wc ; supprimer l'accessibilité au plomb des peintures du logement conformément à la réglementation en vigueur ; refaire les revêtements dégradés (peintures, parquet) ; supprimer l'ensemble des moisissures des revêtements du logement ; réparer ou changer les fenêtres non étanches ", et par l'article 4 de ce même arrêté, il a décidé que la mainlevée de dernier ne pourrait être prononcée qu'après la constatation par les agents compétents de la réalisation des mesures prescrites à l'article 2. Par un courrier du 3 mars 2024, M. F G a demandé au préfet des Hauts-de-Seine la mainlevée de ces deux arrêtés. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet des Hauts-de-Seine sur sa demande.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
En ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
4. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'ensemble des factures acquittées et des justificatifs versés au dossier que, du fait des dégâts des eaux survenus à plusieurs reprises dans les étages supérieurs de l'immeuble dans lequel est situé l'appartement dont le requérant est propriétaire indivisaire, lesquels ont eu un impact significatif sur son état général, celui-ci, à l'instar des autres indivisaires, ne perçoit plus les loyers nés de la location. En outre, les travaux successifs de mises aux normes, de réparation et de rénovation de l'appartement ont engendré des dépenses substantielles, dont il est justifié à la date de la présente ordonnance. Par suite, et compte-tenu notamment des conséquences financières non négligeables de la décision en litige, la condition d'urgence requise par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne la condition tenant au doute sérieux :
5. Aux termes de l'articles L. 511-1 du code de la construction et de l'habitation : " La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 511-2 : " La police mentionnée à l'article L. 511-1 a pour objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations suivantes : () 4° L'insalubrité, telle qu'elle est définie aux articles L. 1331-22 et L. 1331-23 du code de la santé publique ". L'article L. 511-4 de ce code précise que l'autorité compétente pour exercer les pouvoirs de police dans le cas mentionné au 4° de l'article L. 511-2 est le représentant de l'État dans le département. Aux termes de l'article L. 511-8 du même code : " La situation d'insalubrité mentionnée au 4° de l'article L. 511-2 est constatée par un rapport du directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article L. 1422-1 du code de la santé publique, du directeur du service communal d'hygiène et de santé, remis au représentant de l'Etat dans le département préalablement à l'adoption de l'arrêté de traitement d'insalubrité () ". Aux termes de l'article L. 511-10 du même code : " L'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité est pris à l'issue d'une procédure contradictoire avec la personne qui sera tenue d'exécuter les mesures : le propriétaire ou le titulaire de droits réels immobiliers sur l'immeuble, le local ou l'installation, tels qu'ils figurent au fichier immobilier ou, dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin ou du Haut-Rhin, au livre foncier, dont dépend l'immeuble () ". Aux termes de l'article L. 511-12 du même code : " L'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité est notifié à la personne tenue d'exécuter les mesures () ". Aux termes de l'article L. 511-14 de ce code : " L'autorité compétente constate la réalisation des mesures prescrites ainsi que leur date d'achèvement et prononce la mainlevée de l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité et, le cas échéant, de l'interdiction d'habiter, d'utiliser, ou d'accéder aux lieux. () ". De plus, l'article L. 1331-22 du code de la santé publique dispose, en son alinéa 1er : " Tout local, installation, bien immeuble ou groupe de locaux, d'installations ou de biens immeubles, vacant ou non, qui constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé, exploité ou utilisé, un danger ou risque pour la santé ou la sécurité physique des personnes est insalubre. ".
6. Le litige soulevé par M. G, qui est relatif à la mise en œuvre des dispositions citées ci-dessus, relève du contentieux de pleine juridiction. Saisi d'un recours ainsi dirigé contre la décision par laquelle le préfet abroge un arrêté d'insalubrité et prononce la mainlevée des mesures de sécurité sanitaire y afférentes, ou refuse d'y procéder, le juge des référés doit se prononcer sur l'état de l'immeuble en cause au regard des normes applicables en la matière en se plaçant à la date à laquelle il rend son ordonnance.
7. Il résulte de l'instruction que, par un arrêté du 17 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine, se fondant sur les rapports de la commune de Neuilly-sur-Seine et de l'Agence régionale de santé, a estimé que le logement situé 2 bis rue Deleau présentait des risques pour la santé ou la sécurité physique des occupants, compte-tenu des désordres ou éléments suivants : dégradation importante du parquet de la chambre des enfants ; présence de revêtements muraux et plafond dégradés dans la chambre des enfants ; présence de revêtements muraux dégradés dans plusieurs autres pièces ; présence de nombreuses moisissures au pourtour des fenêtres ; système de ventilation inefficace dans la cuisine et absent dans le wc ; manque d'étanchéité des fenêtres de la chambre parentale, du séjour et du couloir ; présence de peintures au plomb dégradées et accessibles. Par l'article 2 de ce même arrêté, ainsi que cela a été dit, le préfet des Hauts-de-Seine a prescrit aux propriétaires " de réaliser selon les règles de l'art et dans le respect de la réglementation en vigueur, dans un délai de trois mois, les mesures suivantes : installer un système de ventilation permanent et efficace dans la cuisine et le wc ; supprimer l'accessibilité au plomb des peintures du logement conformément à la réglementation en vigueur ; refaire les revêtements dégradés (peintures, parquet) ; supprimer l'ensemble des moisissures des revêtements du logement ; réparer ou changer les fenêtres non étanches ".
8. Il résulte également de l'instruction que, à la date de la présente ordonnance, par un ensemble de travaux attestés par les factures et photographies versées au dossier, et par les mentions du rapport du service d'hygiène de la commune de Neuilly-sur-Seine, établi le 15 mai 2024 après un contrôle effectué le 8 mars 2024, les mesures tenant à l'installation d'un système de ventilation permanent et efficace dans la cuisine et dans les toilettes, à la réfection des revêtements dégradés, à la suppression de l'ensemble des moisissures des revêtements du logement et au changement ou à la réparation des fenêtres non étanches ont été réalisées.
9. En revanche, il ressort des mentions du rapport de contrôle après travaux du 2 juillet 2024 de la société ADX, mandatée par la préfecture des Hauts-de-Seine, émis le 8 juillet 2024, que le résultat du contrôle relatif à l'exposition au plomb est non satisfaisant. Ce rapport relève en particulier que " les travaux de rupture d'accessibilité au plomb sont partiellement réalisés, que les revêtements des unités de diagnostic ne sont pas intègres, que le plomb est toujours accessible ". Ce rapport relève également : " absence de débris ou poussières de peinture visibles dans les locaux. L'analyse des prélèvements de poussière n'a pas révélé de concentration en plomb supérieure au seuil réglementaire de 1000 µ par m² ".
10. M. G verse au dossier des photographies et un courriel adressé aux services préfectoraux le 14 septembre 2024, soit très récemment, indiquant que les travaux en vue du traitement du dernier point de plomb ont été réalisés. Compte-tenu du caractère récent de cette information portée à la connaissance de l'administration, le diagnostic de contrôle après travaux n'a pas encore été réalisé par un opérateur mandaté par les services de l'Etat, de nature à permettre la vérification des prescriptions requises par les arrêtés dont la mainlevée est demandée, en particulier par l'article 5 de l'arrêté du 15 janvier 2024 et par l'article 4 de l'arrêté du 17 janvier 2024.
11. Dès lors, compte-tenu de ce qui vient d'être exposé, sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, d'une part, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions du 1er alinéa de l'article L. 1331-22 du code de la santé publique et, d'autre part, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 511-14 et L. 511-21 du code de la construction et de l'habitation, mais en tant seulement que l'administration n'a pas tiré les conséquences de la réalisation des travaux tenant à l'installation d'un système de ventilation permanent et efficace dans la cuisine et dans les toilettes, à la réfection des revêtements dégradés, à la suppression de l'ensemble des moisissures des revêtements du logement et au changement ou à la réparation des fenêtres non étanches.
12. Par suite, M. G est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision implicite en litige, en tant seulement que le préfet des Hauts-de-Seine refuse de prononcer la mainlevée de l'arrêté du 17 janvier 2024 en tant que celui-ci prescrit, en son article 2, de réaliser les mesures tendant à l'installation d'un système de ventilation permanent et efficace dans la cuisine et les toilettes, à la réfection des revêtements dégradés (peintures, parquet), à la suppression de l'ensemble des moisissures des revêtements du logement et à la réparation ou au changement des fenêtres non étanches. Le surplus des conclusions aux fins de suspension présentées par M. G est rejeté.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
13. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, sans excéder son office, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
14. Par suite, il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, de procéder au réexamen de la demande formée par M. G tendant à ce que soit prononcée la mainlevée de l'arrêté du 17 janvier 2024, en tant seulement que cet arrêté prescrit, en son article 2, de réaliser les mesures tendant à l'installation d'un système de ventilation permanent et efficace dans la cuisine et les toilettes, à la réfection des revêtements dégradés (peintures, parquet), à la suppression de l'ensemble des moisissures des revêtements du logement et à la réparation ou au changement des fenêtres non étanches.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande M. G au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet des Hauts-de-Seine sur la demande formée par M. G le 3 mars 2024 est suspendue jusqu'au jugement de l'instance au fond, en tant seulement que le préfet des Hauts-de-Seine refuse de prononcer la mainlevée de l'arrêté du 17 janvier 2024 en tant que celui-ci prescrit, en son article 2, de réaliser les mesures tendant à l'installation d'un système de ventilation permanent et efficace dans la cuisine et les toilettes, à la réfection des revêtements dégradés (peintures, parquet), à la suppression de l'ensemble des moisissures des revêtements du logement et à la réparation ou au changement des fenêtres non étanches.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, de procéder au réexamen de la demande de M. G, conformément aux motifs de la présente ordonnance en ses points 8, 11, 12 et 14.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. G est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F G, au préfet des Hauts-de-Seine et à la ministre de la santé et de l'accès aux soins.
Fait à Versailles, le 23 septembre 2024.
La juge des référés,
signé
E. Marc
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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