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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407686

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407686

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407686
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantLAMIRAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Lamirand, avocat, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a décidé son transfert aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande de protection internationale ;

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé des pièces au dossier le 18 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux article L. 921-1 et L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article L. 922-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 septembre 2024 :

- le rapport de M. D,

- les observations de Me Lamirand, avocat désigné d'office, représentant Mme B, absente. Elle conclut aux mêmes fins que la requête en soutenant que la famille (mère, beau-père et sœur) de Mme B résident en France et qu'elle peut l'assister pour présenter sa demande d'asile en France.

- en présence de M. C, interprète en langue soninke ;

- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante mauritanienne, née le 10 décembre 2004, a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile, le 26 juillet 2024, auprès de la préfecture de l'Essonne. Dans le cadre de l'instruction de cette demande, la consultation des données dactyloscopiques et informatisées du système EURODAC a révélé que l'intéressée a sollicité le 9 juin 2024 l'asile auprès des autorités espagnoles. Ces dernières, saisies le 31 juillet 2024 par la préfète de l'Essonne d'une demande de prise en charge de Mme B, ont donné leur accord le 13 août 2024. Par un arrêté du 3 septembre 2024, la préfète de l'Essonne a décidé de transférer l'intéressé aux autorités espagnoles. Mme B demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. () ".

3. Il résulte des dispositions précitées du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que si une demande d'asile est examinée par un seul État membre et qu'en principe cet État est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un État membre. Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

4. Mme B doit être regardée comme faisant valoir que l'examen de sa demande d'asile doit être pris en charge en France, au titre du droit souverain des autorités françaises d'accorder l'asile sur leur territoire, y compris lorsque cet examen relève de la compétence d'un autre Etat, eu égard à sa situation personnelle et que l'arrêté attaqué méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, à l'appui de ce moyen, la requérante se borne à soutenir que sa mère, son beau-père et sa sœur résident en France Toutefois ces circonstances ne suffisent pas à elles seules à établir que la préfète de l'Essonne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des faits de l'espèce en ne faisant pas application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Essonne du 4 septembre 2024 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

M. D Le greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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