jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | LAMIRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête introductive enregistrée le 6 septembre 2024, M. A B, détenu au centre pénitentiaire de Fleury Mérogis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er aout 2024, notifié le 5 septembre 2024, par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) de désigner un avocat ;
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui a produit un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2024. Il conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à Genève ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Brumeaux pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux article L. 921-1 et L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article L. 922-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 septembre 2024 :
- le rapport de M. Brumeaux ;
- les observations de Me Lamirand, avocat désigné d'office, représentant M. A. Il conclut aux mêmes fins et fait notamment valoir que la situation personnelle de M. A n'a pas été examinée sérieusement. Celui-ci est arrivé en France depuis 2002 et si 3 frères et trois sœurs y résident, il n'a plus de famille au Sénégal. Il a présenté une demande de renouvellement de son titre de séjour. Il participe à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants âgés de 7 et 8 ans. L'arrêté attaqué viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est contraire aux stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 1er avril 1992, est entré sur le territoire français en 2002 dans le cadre du regroupement familial et a été interpellé le 10 juillet 2024 pour dégradations et vol à la roulotte. Il a été condamné à six reprises à partir de 2019, notamment par le tribunal correctionnel d'Evry-Courcouronnes le 23 mai 2019 à une peine de 4 mois d'emprisonnement avec sursis pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique, à une peine d'emprisonnement de 8 mois pour vol et menace de mort, par le tribunal correctionnel de Paris le 26 juillet 2019 pour violence aggravée, par le tribunal correctionnel de Tours le 10 août 2020 à une peine d'emprisonnement pour violences sur une personne chargée d'une mission de service public, et enfin par le tribunal correctionnel d'Evry-Courcouronnes le 1er août 2024 pour vol en réunion, à une peine d'emprisonnement de 7 mois. Par un arrêté du 1er aout 2024, la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et l'a informé qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ; M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. M. A a bénéficié à l'audience de l'assistance d'un avocat commis d'office. Il n'a pas indiqué vouloir renoncer au bénéfice de cette commission d'office. Par suite, il n'y a pas lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans le cadre de la présente instance.
Sur la décision portant obligation à quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; ( ) ; 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
5. Si M. A soutient avoir demandé le renouvellement de son titre de séjour, il ne produit cependant pas le récépissé alors que l'administration soutient que le fichier national des Etrangers ne comporte aucune mention de cette demande. Enfin, comme il a été rappelé au point I, son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Par suite la préfète pouvait légalement, pour l'ensemble de ces motifs, obliger le requérant à quitter le territoire français.
6. Si le requérant soutient que la préfète n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle, il ressort toutefois des pièces du dossier que sa situation personnelle a été examinée par les services de police lors de l'audition du 11 juillet 2024, comme il ressort du procès-verbal d'audition du même jour.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté du 1er aout 2024 porterait au droit de M. A, âgé de 32 ans, au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. En effet, dans le procès-verbal précité, il se déclare célibataire et ne pas avoir la charge de ses deux enfants. Dépourvu de ressources, il ne démontre pas contribuer à l'éducation et à l'entretien de ces deux enfants avec lesquels il ne vit pas. Il ne justifie pas enfin de n'avoir plus d'attaches familiales dans son pays d'origine, même si ses parents et ses frères et sœurs sont en France. La préfète n'a, par suite, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces dispositions que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur de l'enfant dans toutes les décisions le concernant.
10. Comme il a été dit précédemment, le requérant n'établit pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Ainsi, il n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant l'arrêté litigieux, la préfète de l'Essonne aurait porté atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A demandant l'annulation de l'arrêté du 1er aout 2024 de la préfète de l'Essonne doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
M. Brumeaux Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026