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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407775

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407775

lundi 16 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407775
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11u
Avocat requérantSOH FOGNO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, M. B D F, alors retenu au centre de rétention administrative de Palaiseau, demande au tribunal d'annuler la décision du 8 septembre 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

Il soutient que :

- la décision a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale dès lors que la décision d'expulsion est elle-même illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé le 13 septembre 2024 des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Ouardes, vice-président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 septembre 2024 qui s'est tenue en présence de Mme Amegee, greffière :

- le rapport de M. Ouardes ;

- les observations de Me Soh Fogno, avocat désigné d'office, représentant M. D F, présent, assisté par Mme E, interprète en langue, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Rahmouni, représentant le préfet du Val-de-Marne, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D F, ressortissant portugais né le 6 décembre 1980, a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion du 16 avril 2014 pris par le préfet de police de Paris. Par un arrêté du 8 septembre 2024, le préfet du Val-de-Marne a fixé son pays de destination, en vue de l'exécution de cet arrêté. M. D F demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024/02023 du 26 juin 2024, publié dans le recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne n° 112 du 27 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation à M. A C pour signer, notamment, la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment son article L. 721-3, et la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8. Il suit de là qu'elle est suffisamment motivée en droit. Par ailleurs, la décision mentionne que M. D F n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation de la décision attaquée serait insuffisante. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

4. En troisième lieu, si M. D F invoque par voie d'exception l'illégalité de la décision d'expulsion du 16 avril 2014, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes des stipulations l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. D F est le père d'une fille née le 2 décembre 2009, ainsi qu'en atteste l'extrait d'acte de naissance produit. Toutefois, il ne produit aucun document de nature à attester du début et de la continuité de son séjour sur le territoire français, à établir la présence de cet enfant sur celui-ci ou encore à indiquer qu'il entretient avec lui des liens ou contribue à son éducation et son entretien. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il dispose en France d'une insertion professionnelle et sociale, ou qu'il soit dépourvu d'attaches dans son pays d'origine le Portugal. Dans ces conditions, en prenant la décision attaquée, le préfet du Val-de-Marne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, en tout état de cause, être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. D F n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 8 septembre 2024 du préfet du Val-de-Marne doit être annulé. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G F et au préfet du Val-de-Marne.

Rendu public le 16 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

P. Ouardes La greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2407775

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