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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407838

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407838

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407838
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSELARL GARCIA & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2325838/12/3 du 28 août 2024, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé la requête de M. C au tribunal administratif de Versailles.

Par cette requête, enregistrée le 10 novembre 2023, M. B C, alors retenu au centre de rétention administrative de Paris-Vincennes 1, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2023 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Il soutient que :

- l'arrêté a été prise par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Gosselin a été entendu au cours de l'audience publique du 26 septembre 2024 tenu en présence de M. Ileboudo, greffier, de M. A, interprète en langue arabe.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant de nationalité algérienne, né le 25 octobre 1993 à Oran (Algérie), est entré en France en février 2020, selon ses déclarations. Par des arrêtés du 9 novembre 2023, le préfet de police de Paris a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a placé en centre de rétention administrative. M. C en demande l'annulation par la présente requête.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-01047 du 11 septembre 2023 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture de police n° 75-2023-511 du 11 septembre 2023, le préfet de police a donné à Mme D attachée de l'administration de l'Etat, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, après avoir indiqué l'état civil du requérant, rappelle avec précision sa situation tant familiale, professionnelle qu'administrative. Par suite, ces précisions révèlent un examen individuel de la situation de M. C. D'autre part, la décision fixant le pays de destination, prise au visa de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, relève que M. C n'établit pas être exposé à des peines ou traitement contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou dans son pays de résidence habituelle où il est effectivement réadmissible ; elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Les décisions attaquées sont, par suite, suffisamment motivées.

4. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".

5. Il ressort des pièces du dossier que, outre le fait que M. C a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'obligation de quitter le territoire français par le préfet des Hauts de Seine le 17 avril 2022 jugée légale par jugement n° 2205488 du 6 juillet 2022 du juge du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, l'intéressé est également connu défavorablement par les forces de l'ordre, notamment pour défaut de permis de conduire. S'il indique vivre avec une conjointe en situation régulière, il ne l'établit par aucun élément. Il est sans charge de famille et n'est entré sur le territoire français, selon ses dires, qu'à l'âge de 27 ans. Par suite, le préfet n'a commis aucune erreur dans l'appréciation de la situation du requérant.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation des arrêtés du préfet de police de Paris du 9 novembre 2023 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de police de Paris.

Lu en audience publique le 2 octobre 2024

Le magistrat désigné,

Signé

C. Gosselin Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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