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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407903

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407903

samedi 14 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407903
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B Bissa'a. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet de l'Essonne de la convoquer pour déposer une demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, invoquant une atteinte à sa liberté d'aller et de venir et à la poursuite de ses études. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante ne justifiant pas d'une situation nécessitant une intervention dans un délai de quarante-huit heures. La demande a donc été rejetée comme manifestement mal fondée, sans examen de l'atteinte aux libertés fondamentales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 septembre 2024, Mme A B Bissa'a, représentée par Me El Haitem, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, de la convoquer à un rendez-vous en préfecture afin qu'elle puisse y déposer sa demande de titre de séjour ;

2) de lui délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour lui permettant d'attester de la régularité de son séjour, afin qu'elle puisse jouir de sa liberté fondamentale d'aller et de venir et de poursuivre ses études ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie : elle se trouve en situation irrégulière, malgré ses multiples démarches depuis son entrée sur le territoire français le 9 juillet 2021 au titre du regroupement familial et se trouve dans l'incapacité de poursuivre ses études ;

- il est porté atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et de venir, à mener une vie familiale normale et de poursuivre ses études supérieures, en l'occurrence l'ENGDE, dans laquelle elle a été admise.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L.521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

2. D'autre part, aux termes de l'article L.552-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Si, à l'appui de sa demande, la requérante fait valoir sa situation irrégulière, alors que le reste de sa fratrie s'est vu délivrer un titre de séjour, et l'impossibilité de commencer ses études au sein de l'ENGDE, où elle a été admise, sa demande de titre de séjour déposée en dernier lieu le 9 mai 2024 étant toujours en attente d'examen par l'administration, elle ne justifie pas ainsi d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le caractère grave et manifestement illégal de l'atteinte aux libertés fondamentales d'aller et de venir et de mener une vie familiale normale que la requête de Mme B Bissa'a doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme B Bissa'a est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B Bissa'a.

Fait à Versailles, le 14 septembre 2024

La juge des référés,

signé

Laurence C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2407903

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