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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2407952

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2407952

samedi 14 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2407952
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au préfet de l'Essonne de le convoquer pour lui délivrer un visa de sortie du territoire, invoquant l'état de santé de sa mère en Algérie et une atteinte à sa liberté d'aller et de venir. Le juge estime que l'urgence n'est pas caractérisée, le requérant ne justifiant pas d'une situation nécessitant une mesure dans un délai de quarante-huit heures. La requête est donc rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Jaboeuf, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, de le convoquer à un rendez-vous en préfecture en vue de lui délivrer un visa de sortie du territoire national ;

2) de condamner l'Etat aux entiers dépens.

Il soutient que :

- l'urgence est établie : sa mère, résidant en Algérie, est atteinte d'asthme chronique ;

- il est porté atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et de venir.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L.521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

2. D'autre part, aux termes de l'article L.522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Si, à l'appui de sa demande, le requérant fait valoir que sa mère souffre d'asthme chronique, comme en atteste, un certificat médical établi par son médecin spécialiste en Algérie daté de mars 2024, alors que, dans le cadre de l'exécution du jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 28 septembre 2023, enjoignant au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai de deux mois, il ne s'est vu délivrer pour l'heure qu'un récépissé de demande de titre de séjour, le 15 janvier 2024, il ne justifie pas ainsi d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le caractère grave et manifestement illégal de l'atteinte à la liberté fondamentale invoquée, que les conclusions de M. A doivent être rejetées, en application de l'article L.522-3 du code de justice administrative, y compris, en tout état de cause, ses conclusions relatives aux dépens.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 14 septembre 2024

La juge des référés,

signé

Laurence C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°240795

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