mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2407976 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Gillioen, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution des décisions implicites par lesquelles le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de carte de résident en tant que réfugié des 28 avril 2022 et 16 mars 2023 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour et de lui remettre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a reconnu le statut de réfugié le 23 février 2022 et il a déposé sa demande de carte de résident le 28 avril 2022 ; dès lors que le 18 avril 2022 a été instituée une procédure dématérialisée par téléservice ANEF pour les titulaires du statut de réfugié, il a déposé sa demande sur le site ANEF le 16 novembre 2022 ; une attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée le 16 novembre 2022 valable jusqu'au 15 mai 2023 ;
- la condition de l'urgence est remplie en ce qu'il ne peut travailler et se trouve en situation irrégulière et précaire ;
- il y a un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige en ce qu'elles ne sont pas motivées en fait et en droit en méconnaissance de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ; par ailleurs, sa situation personnelle n'a pas été sérieusement examinée car son dossier a été considéré comme complet ; elle est en outre entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle méconnaît enfin l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2407975 par laquelle le requérant demande l'annulation des décisions attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais né le 24 décembre 1994, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 23 février 2023. Il a déposé, le 23 février 2022, en application des articles L. 424-1 et L. 424-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande de carte de résident via la plateforme ANEF le 16 novembre 2022 après déposé une première demande non dématérialisée le 28 avril 2022. Par la présente requête, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions implicites de rejet qui seraient nées du silence gardé par l'administration sur ces demandes.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D'une part, l'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Et, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. Par dérogation au premier alinéa ce délai est de soixante jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article R. 421-26 ".
4. Si le requérant soutient que, en application de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des décisions implicites de rejet, dont il demande la suspension, seraient nées du silence gardé par l'administration sur ses demandes pendant une durée de quatre mois, il résulte toutefois de l'instruction que le requérant a reçu le 16 novembre 2022, une attestation de prolongation d'instruction l'informant, d'une part, de ce que sa demande de carte de résident est en cours d'instruction et, d'autre part, de la régularité de son séjour jusqu'au 15 mai 2023. Le préfet des Yvelines l'a d'ailleurs convoqué à un rendez-vous le 13 juillet 2023 durant lequel il a pu remettre les documents nécessaires à la confection de sa carte de résident. Dès lors, en l'absence de décision administrative de refus de délivrance d'une carte de résident dont la suspension serait susceptible d'être ordonnée par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, les conclusions aux fins de suspension ne peuvent qu'être rejetées.
5. Il en est de même par voie de conséquence des conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et de celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 17 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
P. Fraisseix
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. 2
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