vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GUINNEPAIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, Mme A D C B, alors détenue à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.
Elle ne soulève aucun moyen au soutien de ses conclusions.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour exercer les pouvoirs qui lui sont confiés par le code de justice administrative et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 septembre 2024 qui s'est tenue en présence de M. Ileboudo, greffier :
- le rapport de Mme Gosselin ;
- les observations de Me Landais qui conclut aux mêmes fins que sa requête et qui soutient en outre que la requérante est bien titulaire d'un passeport portugais, lequel est à la fouille à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, de sorte que l'arrêté en litige est entaché d'un défaut d'examen de la situation de la requérante et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les observations de Mme C B qui renonce à l'assistance d'un interprète ;
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D C B, née le 11 octobre 1990, est entrée régulièrement sur le territoire français en 2012, ainsi que cela ressort des mentions du fichier FNE versé en défense par la préfète de l'Essonne. Par un arrêté du 18 septembre 2024, la préfète de l'Essonne l'a obligée à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Mme C B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que, pour faire obligation à Mme C B de quitter le territoire français, sur le fondement des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Essonne s'est fondée sur le fait que l'intéressée était née au Brésil, mais sans préciser sa nationalité, et qu'elle s'était maintenue sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme C B, titulaire d'un passeport portugais en cours de validité, dont la copie est versée au dossier, possède la double nationalité brésilienne et portugaise, information qu'elle avait d'ailleurs communiquée aux services de police lors de son audition du 13 septembre 2024 et qui est reprise dans sa fiche pénale. Par ailleurs, l'intéressée fait valoir qu'elle est mariée à un ressortissant portugais, ce qui ressort d'ailleurs des mentions du fichier FNE. Dans ces conditions, Mme C B est fondée à soutenir que la décision par laquelle la préfète de l'Essonne l'a obligée à quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen de sa situation, en particulier administrative et familiale.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par la requérante lors de l'audience, que la décision du 18 septembre 2024 par laquelle la préfète de l'Essonne a fait obligation à Mme C B de quitter le territoire français doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, la décision du même jour par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Aux termes de l'article L. 613-5 de ce code : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ".
5. La présente décision implique qu'il soit mis fin au signalement de Mme C B dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour du 18 septembre 2024 ci-dessus annulée. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressée, de prendre toutes mesures propres à mettre fin à ce signalement.
6. Eu égard au motif d'annulation de la décision en litige, le présent jugement implique qu'il soit enjoint à la préfète de l'Essonne, ou au préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation de Mme C B dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la préfète de l'Essonne du 18 septembre 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu de résidence de l'intéressée, de prendre toutes mesures propres à mettre fin au signalement de Mme C B dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour du 18 septembre 2024 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D C B et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
C. Gosselin Le greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2408120
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026