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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408261

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408261

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408261
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11u
Avocat requérantASSOCIATION FRANCE TERRE ASILE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, M. E D, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Plaisir, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office, et lui a interdit la circulation sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, dans l'attente de ce réexamen.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il méconnaît sa situation personnelle ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er octobre 2024 qui s'est tenue en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière :

- le rapport de Mme Marc ;

- les observations de Me Harmand, avocat désigné d'office, représentant M. D, présent, assisté par M. B, interprète en langue roumaine, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient en outre qu'il a travaillé, qu'il est désormais au chômage et qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ;

- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant roumain né le 11 septembre 1969 à Hincesti, déclare être entré sur le territoire français en 2022. Par un arrêté du 23 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office, et lui a interdit la circulation sur le territoire français pour une durée d'un an. M. D demande au tribunal d'annuler ces décisions.

2. Par ailleurs, par un arrêté du 23 septembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné le placement en centre de rétention administrative de M. D. Ce placement a été prolongé pour une durée de vingt-six jours par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Versailles du 28 septembre 2024.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C A, attachée de l'administration de l'Etat, adjointe au chef de bureau de l'éloignement et des examens spécialisés, qui bénéficiait, par arrêté SGAD n°2024-42 du 20 septembre 2024, d'une délégation du préfet des Hauts-de-Seine à l'effet de signer les décisions contenues dans l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment ses articles L. 251-1, L. 251-2, L. 251-3, L. 251-4 à L. 251-7, L. 253-1, L. 261-1, L. 264-1, L. 711-1, L. 711-2 et R. 251-1, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation de M. D, notamment son identité, les conditions de son entrée sur le territoire français, et précise, en outre, sa situation privée et familiale et le fait qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation de l'arrêté attaqué serait insuffisante. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces versées au dossier, ni des débats à l'audience que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté.

6. En quatrième lieu, M. D a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de violences conjugales, faits pour lesquels sa conjointe a porté plainte et pour lesquels il a été convoqué sur décision du substitut du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nanterre en vue d'une notification d'un avertissement pénal probatoire le 1er octobre 2024. Ainsi, sa présence sur le territoire national peut être regardée comme présentant une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, il ressort du procès-verbal d'audition du 22 septembre 2024 que l'intéressé est sans enfant à charge. Il ne justifie ni d'une insertion sociale particulière en France, ni être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de cinquante-trois ans. Enfin, s'il soutient avoir travaillé en France, il ne justifie par aucun élément de la réalité, l'ancienneté et la stabilité d'une quelconque activité professionnelle. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 23 septembre2024 du préfet des Hauts-de-Seine est illégal. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.

La magistrate désignée,

signé

E. Marc La greffière,

signé

L. Ben Hadj Messaoud

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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