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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408457

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408457

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408457
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantDEBORD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, Mme A C, représentée par Me Debord, avocat désigné d'office, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2024 par lequel le préfet de l'Essonne a décidé son transfert aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande de protection internationale ;

Elle soutient que :

- elle souhaite rester en France en raison du séjour régulier de son frère et de son père.

La requête a été transmise à la préfète de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé des pièces le 4 octobre 2024. Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. B pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux article L. 921-1 et L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article L. 922-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 octobre 2024 :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Debord avocat désigné d'office, représentant Mme A, présente. Il conclut aux mêmes fins que la requête et fait notamment valoir que Mme A, même si elle est arrivée récemment, dispose en France d'un socle familial avec son père et son frère en situation régulière. Elle ne pourra pas seule présenter sa demande d'asile

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante mauritanienne, née le 16 octobre 2001, a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile, le 27 août 2024, auprès de la préfecture de l'Essonne. Dans le cadre de l'instruction de cette demande, la consultation des données dactyloscopiques et informatisées du système EURODAC a révélé que l'intéressée a sollicité le 28 juillet 2024 l'asile auprès des autorités espagnoles. Ces dernières, saisies le 30 août 2024 par le préfet de l'Essonne d'une demande de prise en charge de Mme A, ont donné leur accord le 11 septembre 2024. Par un arrêté du 26 septembre 2024, le préfet de l'Essonne a décidé de transférer l'intéressée aux autorités espagnoles. Mme A demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".

3. Il résulte des dispositions précitées du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que si une demande d'asile est examinée par un seul État membre et qu'en principe cet État est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un État membre. Si la mise en œuvre, par les autorités françaises, des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être assurée à la lumière des exigences définies par les dispositions du second alinéa de l'article 53-1 de la Constitution, en vertu desquelles les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif, la faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

4. Mme A doit être regardée comme faisant valoir que l'examen de sa demande d'asile doit être pris en charge en France, au titre du droit souverain des autorités françaises d'accorder l'asile sur leur territoire, y compris lorsque cet examen relève de la compétence d'un autre Etat, eu égard à sa situation personnelle. Toutefois, à l'appui de ce moyen, la requérante se borne à soutenir que son père et son frère séjournent régulièrement en France et qu'ils l'assisteraient pour présenter sa demande d'asile dans ce pays. Cette dernière circonstance n'est pas de nature à établir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des faits de l'espèce en ne faisant pas application de la clause discrétionnaire prévue par les dispositions précitées du paragraphe 1 de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 26 septembre 2024 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

M. B Le greffier,

signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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