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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408489

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408489

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408489
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDE METZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, M. B, représenté par Me de Metz, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite du 29 juin 2024 par laquelle le préfet de l'Essonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et, à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de le munir d'un récépissé dans le délai de 15 jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de lui verser directement cette somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que ;

Sur l'urgence, il vit sur le territoire français depuis bientôt cinq années, qu'il a tenté à deux reprises de régulariser sa situation en 2021 et en 2023, demandes respectivement classée sans suite et clôturée, il a demandé son admission exceptionnelle au séjour il y a 18 mois ; il a entamé avec son épouse un processus de procréation médicalement assistée en 2023, après le décès d'un enfant in utero à six mois de grossesse le 6 décembre 2021 ; le processus doit reprendre le 4 octobre 2024 et l'absence de titre de séjour complique chaque rendez-vous ; il doit assister à l'audience prévue le 7 octobre 2024 dans le cadre de la procédure d'adoption de l'enfant de son épouse qu'il élève comme sa propre fille ; il ne peut pas travailler ; l'attente le place dans une situation de grande fragilité.

Sur le doute sérieux propre à créer un doute sur la légalité de la décision contestée, celle-ci est entachée d'incompétence, de défaut de motivation ; elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est marié avec une ressortissante française, est engagé dans un processus de procréation médicalement assistée et un processus d'adoption, dispose d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée, elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 1er octobre 2024 sous le numéro 2408477 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Cayla, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé de M. B, il y a lieu d'admettre celui-ci au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

5. Pour justifier de la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées au point 3, M. B soutient qu'il vit sur le territoire français depuis bientôt cinq années, qu'il a tenté à deux reprises de régulariser sa situation en 2021 et en 2023, ses demandes ayant été respectivement classée sans suite et clôturée, qu'il a demandé son admission exceptionnelle au séjour il y a dix-huit mois et entamé avec son épouse un processus de procréation médicalement assistée en 2023, après le décès d'un enfant in utero à six mois de grossesse le 6 décembre 2021, que le processus doit reprendre le 4 octobre 2024 et que l'absence de titre de séjour complique chaque rendez-vous, qu'il doit assister à l'audience prévue le 7 octobre 2024 dans le cadre de la procédure d'adoption de l'enfant de son épouse qu'il élève comme sa propre fille, qu'il ne peut pas travailler et que l'attente de son titre de séjour le place dans une situation de grande fragilité. Toutefois, si M. B justifie de l'ensemble des démarches alléguées pour tenter de régulariser sa situation administrative et poursuivre les processus engagés de procréation médicalement assistée avec son épouse et d'adoption de la fille de celle-ci, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'irrégularité de sa situation administrative constituerait un obstacle à la poursuite de ces deux dernières qu'il a pu entreprendre sans justifier de la régularité de son séjour. Il ne justifie pas davantage des motifs de classement sans suite et de clôture de ses deux premières demandes de titre de séjour présentées en qualité de conjoint de français qu'il n'a au demeurant pas contestées. Dans ces conditions, et malgré les difficultés éprouvées par M. B et son épouse dans leur vie familiale, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées ne peut être regardée comme établie.

6. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête de M. B ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.

La juge des référés,

signé

F. Cayla

La République mande et ordonne au le ministre de l'intérieur et des outre-mer soit en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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