lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408491 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | DENISE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2422679 du 26 septembre 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Versailles le dossier de la requête de M. A C, enregistrée le 23 août 2024.
Par cette requête et un mémoire enregistré le 19 décembre 2024, M. C, représenté par Me Denise, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris a augmenté de vingt-quatre mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il faisait l'objet avec signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- l'arrêté porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet de police de Paris, qui n'a produit aucune observation.
La présidente du tribunal a désigné M. Gibelin pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 janvier 2025 qui s'est tenue en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière :
- le rapport de M. Gibelin, premier conseiller,
- les observations de Me Denise, avocate, représentant M. C, présent, assisté de Mme B, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête et le mémoire par les mêmes moyens et soutient que la décision est disproportionnée tant sur son principe que sur sa durée, dès lors notamment que l'infraction qui lui a été reprochée n'est pas établie et a fait l'objet d'un classement sans suite,
- les observations de M. C lui-même, assisté de Mme B, interprète en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14h44.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant algérien né le 29 juillet 1997, entré en France en 2020 selon ses déclarations, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois par un arrêté du préfet de police de Paris du 12 avril 2023. Par un arrêté du 22 août 2024 dont il demande l'annulation, le préfet de police de Paris a augmenté de vingt-quatre mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai () ". L'article L. 612-10 du même code dispose : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même () pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
3. Pour prolonger de vingt-quatre mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont M. C faisait l'objet, le préfet de police de Paris a considéré que l'intéressé représente une menace pour l'ordre public dès lors que son comportement a été signalé par les services de police le 20 août 2024 pour exhibition sexuelle au préjudice de mineurs de quinze ans, qu'il ne peut se prévaloir de liens suffisamment anciens, forts et caractérisés avec la France, qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement du 12 avril 2023 à laquelle il s'est soustrait, qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai, et que la décision ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Il ressort toutefois des pièces du dossier, ainsi que des déclarations à l'audience de M. C en présence de sa compagne, de nationalité française, que le couple entretient une relation depuis environ neuf mois, avec une vie commune établie au moins depuis le mois d'août 2024. Il en ressort également que le couple attend un enfant, reconnu par acte de reconnaissance du 13 septembre 2024, avec une date de début de grossesse évaluée au 16 juillet 2024 lors de l'échographie réalisée le 1er octobre 2024. Par ailleurs, M. C justifie d'une présence en France depuis l'année 2021, où résident en situation régulière sa mère et toute sa fratrie composée de trois frères et une sœur, et justifie avoir tenté de régulariser sa situation à deux reprises. Enfin, si le préfet se fonde sur la menace à l'ordre public que représenterait la présence de M. C sur le territoire français, il ne fait état d'aucune infraction antérieure à celle qui aurait été commise le 20 août 2024 mentionnée dans l'arrêté, dont l'intéressé conteste la matérialité et indique à l'audience sans être contesté, en l'absence de la part du préfet de police de Paris de la production de tout élément, qu'aucune suite pénale n'y a été donnée. Dans ces conditions et alors que, dans le cas prévu au 1° de l'article L. 612-11 cité au point précédent, la prolongation de l'interdiction de retour n'est qu'une faculté, M. C est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation l'arrêté du 22 août 2024 par lequel le préfet de police de Paris a augmenté de vingt-quatre mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il faisait l'objet.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais liés au litige en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 août 2024 du préfet de police de Paris est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
signé
F. Gibelin La greffière,
signé
L. Ben Hadj Messaoud
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026