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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408554

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408554

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408554
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP GUILLEMIN & MSIKA AVOCATS ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, Mme C A, représentée par Me Msika, demande à la juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 23 août 2024, par laquelle la Commission de discipline du baccalauréat général de l'académie de Versailles a prononcé à son encontre la sanction d'interdiction de subir tout examen conduisant à l'obtention du baccalauréat et tout diplôme délivré par un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au rectorat de Versailles de lui remettre une attestation ou tout autre document justifiant de la suspension de cette décision, ainsi qu'un diplôme de baccalauréat provisoire afin de lui permettre de s'inscrire dans un établissement supérieur et de poursuivre son cursus universitaire, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est constituée dès lors que la décision attaquée préjudicie gravement et immédiatement à sa situation scolaire et universitaire ;

- le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée résulte, en premier lieu, de l'absence d'indication du nom du surveillant examinateur en chef et de son adjoint dans le procès-verbal, en deuxième lieu, de l'absence d'indication de la qualité d'enseignant chercheur du président de la commission de discipline qui s'est prononcée le 23 août 2024 ainsi que de l'absence de mention de la date à laquelle il a été désigné à cet effet, en troisième lieu, de l'erreur de fait qui entache le procès-verbal, en quatrième lieu, de l'insuffisance de motivation de ce procès-verbal, en cinquième lieu, du caractère non établi des faits qui lui sont reprochés, en sixième lieu, de l'erreur de droit qui entache la décision attaquée.

Par un mémoire, enregistré le 16 octobre 2024, le directeur du service interacadémique des examens et concours conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 25 septembre 2024 sous le n° 2408337 par laquelle M. C A demande l'annulation des décisions précitées.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Naïla Boukheloua, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :

- le rapport de Mme D ;

- les observations de Me Msika, pour Mme C A, qui reprend les conclusions et moyens figurant dans ses écritures et ajoute notamment que les éléments figurant en page 7 du mémoire en défense confirment la capacité de l'intéressée à reproduire exactement le contenu d'un sujet et que M. B a finalement signé, le 9 juillet 2024, un témoignage innocentant l'intéressée, ce témoignage ayant été écarté sans justification ;

- en réponse aux questions posées par Mme D, Mme A a fait valoir, notamment, ses capacités de mémorisation photographique et son projet de devenir médecin, métier qui requiert d'importantes capacités de mémorisation.

Le rectorat de Versailles n'est ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme C A demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 23 août 2024, par laquelle la Commission de discipline du baccalauréat général de l'académie de Versailles a prononcé à son encontre la sanction d'interdiction de subir tout examen conduisant à l'obtention du baccalauréat et tout diplôme délivré par un établissement public dispensant des formations post-baccalauréat pendant une durée d'un an.

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. En l'état de l'instruction, et compte tenu notamment de l'importante similitude entre le contenu des feuilles de brouillon vertes saisies sur le bureau où Mme A passait son épreuve écrite de mathématique du baccalauréat général le 20 juin 2024, et le contenu du corrigé de l'épreuve de mathématique du baccalauréat d'Amérique du Nord du 22 mai 2024 produit par la défense, aucun des moyens mentionnés dans les visas n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'urgence, la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et à la ministre de l'éducation nationale.

Copie en sera adressée au directeur du service interacadémique des examens et concours.

Fait à Versailles, le 25 octobre 2024.

La juge des référés,

signé

N. D

La greffière,

signé

S. Paulin

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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