lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408574 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CLL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, Voies navigables de France, représentée par Me Caron, demande au juge des référés d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L 521-3 du code de justice administrative l'expulsion sans délai des occupants sans droit ni titre des terrains sis face au 112 quai Jacques Bourgoin sur les berges de la Seine relevant du domaine public fluvial sur le territoire de la commune de Corbeil-Essonnes (91), avec si besoin le concours de la force publique.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie dès lors que cette occupation se situe aux abords du fleuve, dans une zone identifiée comme soumise à un risque élevé de submersion et qu'il n'existe aucune protection contre les crues ; la présence d'arbres sur la rive accroît les risques ; par ailleurs le campement est dépourvu de raccordement au réseau d'eau et d'assainissement, ce qui rend les conditions de vie des occupants illicites particulièrement précaires ; enfin cette situation entraîne également des risques pour les riverains et la circulation dans la zone ;
- l'utilité de la mesure est établie pour les mêmes motifs qui justifient l'urgence.
- la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
La requête a été communiquée, par voie administrative, aux occupants sans droit ni titre qui n'ont produit aucune observation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales,
- le code de la propriété des personnes publiques,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 17 octobre 2024 à 14h, en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience, M. Ouardes a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Leparc, représentant Voies navigables de France, qui conclut aux mêmes fins que la requêtes par les mêmes moyens ;
- les occupants sans droit ni titre n'étant ni présents, ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. Il résulte de l'instruction que l'occupation en litige se situe aux abords du fleuve, dans une zone identifiée comme soumise à un risque élevé de submersion et qu'il n'existe aucune protection contre les crues alors que la présence d'arbres sur la rive accroît les risques. Par ailleurs le campement est dépourvu de raccordement au réseau d'eau et d'assainissement, ce qui rend les conditions de vie des occupants illicites particulièrement précaires. Cette situation entraîne également des risques pour les riverains et la circulation dans la zone. Pour les mêmes considérations, la mesure demandée présente un caractère d'urgence. Enfin elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. Par suite, Voies navigables de France, qui n'a pas le pouvoir d'y procéder elle-même, est recevable à demander au juge des référés l'expulsion des occupants sans droit ni titre des terrains sis face au 112 quai Jacques Bourgoin sur les berges de la Seine relevant du domaine public fluvial sur le territoire de la commune de Corbeil-Essonnes (91),
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner l'expulsion, au plus tard le 31 octobre 2024, des occupants sans droit ni titre des terrains sis face au 112 quai Jacques Bourgoin sur les berges de la Seine relevant du domaine public fluvial sur le territoire de la commune de Corbeil-Essonnes (91),
O R D O N N E :
Article 1er : Il est ordonné aux occupants sans droit ni titre de libérer, au plus tard le 31 octobre 2024, les terrains sis face au 112 quai Jacques Bourgoin sur les berges de la Seine relevant du domaine public fluvial sur le territoire de la commune de Corbeil-Essonnes (91).
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Voies navigables de France et aux occupants sans droit ni titre du terrain en litige.
Copie en sera adressée pour information à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 21 octobre 2024,
Le juge des référés, La greffière,
signé signé
P. Ouardes N. Gilbert
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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