mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408680 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2024, M. A C, représenté par Me Lerein, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du préfet des Yvelines de refus de lui fixer un rendez-vous afin d'enregistrer sa demande, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous, d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé avec une autorisation de travail, dans un délai de sept jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros hors taxe en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il tente vainement d'obtenir un rendez-vous depuis début juillet 2024, soit depuis plus de trois mois aucune perspective d'en obtenir, alors que son employeur lui demande de justifier de son droit au séjour et au travail, à défaut de quoi, il serait susceptible de mettre fin à son contrat ; en outre, à défaut de récépissé, il peut être interpelé à tout moment ;
- le refus de lui fixer un rendez-vous et de lui délivrer un récépissé méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 8 octobre 2024 sous le numéro 2408679 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
1. M. C, ressortissant égyptien né le 26 février 2000, est entré en France en 2016 à l'âge de seize ans. Il bénéficie depuis sa majorité de titres de séjour temporaires régulièrement renouvelés en dernier lieu du 29 septembre 2023 au 28 septembre 2024. Depuis le 1er juillet 2024, il tente d'obtenir un rendez-vous sur le site internet de la préfecture de l'Essonne pour le renouvellement de son dernier titre de séjour. Toutefois, aucun rendez-vous ne lui a été proposé. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la " décision du préfet des Yvelines refusant un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour ainsi que la remise d'un récépissé avec autorisation de travail ".
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée () ", sans instruction ni audience publique. Aux termes de l'article R. 421-1 de ce code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
3. Aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.
4. La simple démarche effectuée par un étranger sur un téléservice chargé de l'attribution automatisée de plages horaires en vue d'obtenir un rendez-vous pour le dépôt d'une demande de titre de séjour, quand bien même l'intéressé se heurterait à l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous en dépit de plusieurs tentatives, n'est pas susceptible de faire naître une décision implicite de rejet susceptible de recours pour excès de pouvoir. Si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il lui appartient seulement, s'il s'y croit fondé, de demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une telle date de rendez-vous.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de la " décision refusant à M. C un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour ainsi que la remise d'un récépissé avec autorisation de travail " sont irrecevables et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées, par application des dispositions, citées au point 3, de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C
Une copie en sera adressée, pour information, à la préfecture des Yvelines.
Fait à Versailles, le 9 octobre 2024.
La juge des référés,
signé
J. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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