LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408705

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408705

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408705
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSIDIBE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles annule l'arrêté du 1er octobre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne obligeait M. B, ressortissant angolais, à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de cinq ans. Le tribunal retient une erreur de fait et de droit, car M. B est titulaire d’un visa de long séjour valable jusqu’au 31 mai 2025, contrairement à ce qu’a estimé la préfète. En conséquence, l’annulation est prononcée sur le fondement des articles L. 411-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La préfète est enjointe de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois, et l’État est condamné à lui verser 1 000 euros au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2024 et complétée par un mémoire enregistré le 22 octobre 2024, M. B, représenté par Me Berthe, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 notifié le 4 octobre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de l'admettre temporairement au séjour et de procéder au réexamen de sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros au titre des frais de l'instance.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas fait l'objet d'un examen individuel de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait car il est bien titulaire d'un titre de séjour

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3- de la cid car il a des enfants en France ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale par voie d'exception en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 612-1 à L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il n'a jamais troublé l'ordre public hormis sa condamnation pénale ;

- elle est également entachée de défaut d'examen individuel ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français

- elle n'a pas fait l'objet d'un examen individuel de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée de disproportion.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 tenue en présence de M. Rion, greffier :

- le rapport de Mme Gosselin ;

- les observations de Me Berthe qui reprend les termes de la requête et souligne que la décision attaquée n'établit pas clairement le fondement sur lequel elle a été prise et que l'administration elle-même indique par la fiche " Visabio " que le requérant a un titre de séjour ;

- les observations de M. B, qui indique qu'il fait l'aller et retour depuis l'Angola en France en moyenne deux fois par an pour voir ses enfants.

- la préfète de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la légalité de la décision attaquée :

1. M. A B, ressortissant de nationalités angolaise, né le 31 mai 1971 à Luanda (Angola), serait entré en France selon lui, en 2023. Par un arrêté du 1er octobre 2024, la préfète de l'Essonne a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. M. B en demande l'annulation par la présente requête.

2. Les dispositions de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile indiquent que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants :1 ° Un visa de long séjour ; ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est titulaire d'un visa de long séjour valable 364 jours valable du 1er juin 2024 au 31 mai 2025, comme il ressort de la fiche " Visabio " de l'intéressé. Par suite, en estimant que celui-ci serait entré irrégulièrement en France, s'y serait maintenu illégalement et ne pourrait établir la réalité d'un tel visa, la préfète a entaché sa décision d'une erreur de fait et d'une erreur de droit.

4. Dès lors, pour ce motif, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.

5. En revanche, M. B ne peut utilement demander au tribunal d'enjoindre à la préfète de l'admettre temporairement au séjour dès lors qu'il relève du 1° de l'article L.411-1 précité. Il peut uniquement demander le réexamen de sa situation, auquel la préfète devra procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'astreinte du requérant.

Sur les frais de l'instance :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté de la préfète de l'Essonne du 4 octobre 2024 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 1.000 (mille) euros à M. B au titre des frais exposés par lui lors de l'instance.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

C. Gosselin Le greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions