jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SIDIBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2024 et complétée par un mémoire enregistré le 22 octobre 2024, M. B, représenté par Me Berthe, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 notifié le 4 octobre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de l'admettre temporairement au séjour et de procéder au réexamen de sa situation sous astreinte de 155 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros au titre des frais de l'instance.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas fait l'objet d'un examen individuel de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait car il est bien titulaire d'un titre de séjour
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3- de la cid car il a des enfants en France ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie d'exception en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles L. 612-1 à L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il n'a jamais troublé l'ordre public hormis sa condamnation pénale ;
- elle est également entachée de défaut d'examen individuel ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français
- elle n'a pas fait l'objet d'un examen individuel de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée de disproportion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 octobre 2024 tenue en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme Gosselin ;
- les observations de Me Berthe qui reprend les termes de la requête et souligne que la décision attaquée n'établit pas clairement le fondement sur lequel elle a été prise et que l'administration elle-même indique par la fiche " Visabio " que le requérant a un titre de séjour ;
- les observations de M. B, qui indique qu'il fait l'aller et retour depuis l'Angola en France en moyenne deux fois par an pour voir ses enfants.
- la préfète de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la légalité de la décision attaquée :
1. M. A B, ressortissant de nationalités angolaise, né le 31 mai 1971 à Luanda (Angola), serait entré en France selon lui, en 2023. Par un arrêté du 1er octobre 2024, la préfète de l'Essonne a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. M. B en demande l'annulation par la présente requête.
2. Les dispositions de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile indiquent que : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants :1 ° Un visa de long séjour ; ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est titulaire d'un visa de long séjour valable 364 jours valable du 1er juin 2024 au 31 mai 2025, comme il ressort de la fiche " Visabio " de l'intéressé. Par suite, en estimant que celui-ci serait entré irrégulièrement en France, s'y serait maintenu illégalement et ne pourrait établir la réalité d'un tel visa, la préfète a entaché sa décision d'une erreur de fait et d'une erreur de droit.
4. Dès lors, pour ce motif, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
5. En revanche, M. B ne peut utilement demander au tribunal d'enjoindre à la préfète de l'admettre temporairement au séjour dès lors qu'il relève du 1° de l'article L.411-1 précité. Il peut uniquement demander le réexamen de sa situation, auquel la préfète devra procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'astreinte du requérant.
Sur les frais de l'instance :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la préfète de l'Essonne du 4 octobre 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1.000 (mille) euros à M. B au titre des frais exposés par lui lors de l'instance.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
C. Gosselin Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026