jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2408773 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SIDIBE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 7 octobre 2024, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé la requête de M. A au tribunal administratif de Versailles.
Dans cette requête, enregistrée le 4 octobre 2024, M. A demande au Tribunal d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet des Hauts de Seine a décidé son transfert aux autorités italiennes.
Il soutient que l'arrêté est :
- entaché d'un vice de procédure en ce qu'il a été pris par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 22 octobre 2024, le préfet des Hauts de Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour se prononcer sur les litiges mentionnés aux articles L. 776-1, L. 776-2, L. 771-1 à L. 777-3 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 24 octobre 2024 en présence de M. Rion, greffier :
- le rapport de Mme Gosselin, magistrat désigné ;
- les observations de Me Sidibe avocat commis d'office représentant M. A, non présent qui reprend les termes de la requête ;
- le préfet des Hauts de Seine n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D E A, de nationalité pakistanaise, né le 10 janvier 1990 à Gujrat (Pakistan), est entré en France selon ses déclarations il y a trois mois. Il a produit un permis de séjour italien encore valable délivré par les autorités italiennes. Par arrêté du 3 octobre 2024, le préfet des Hauts de Seine a décidé de remettre M. A aux autorités italiennes et a pris à son encontre une interdiction de circulation en France d'une durée d'un an ; M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme C B, attachée de l'administration de l'Etat, adjointe au chef de bureau de l'éloignement et des examens spécialisés, qui bénéficiait, par arrêté SGAD n°2024-42 du 20 septembre 2024, d'une délégation du préfet des Hauts-de-Seine à l'effet de signer les décisions contenues dans l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté, après avoir rappelé les textes applicables en l'occurrence, indique l'état civil de M. A ainsi que sa situation tant familiale qu'administrative. Par suite, il est suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, l'article 6 du règlement européen susvisé dispose que : "Pour un séjour prévu sur le territoire des États membres, d'une durée n'excédant pas 90 jours sur toute période de 180 jours, ce qui implique d'examiner la période de 180 jours précédant chaque jour de séjour, les conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes : a) être en possession d'un document de voyage en cours de validité autorisant son titulaire à franchir la frontière qui remplisse les critères suivants :i) sa durée de validité est supérieure d'au moins trois mois à la date à laquelle le demandeur a prévu de quitter le territoire des États membres. Toutefois, en cas d'urgence dûment justifiée, il peut être dérogé à cette obligation ; ii) il a été délivré depuis moins de dix ans".
5. Il n'est pas contesté que M. A est titulaire d'un permis de séjour délivré par les autorités italiennes et que, selon ses déclarations, il est en France depuis plus de trois mois. Par suite, il relève des dispositions précitées et le préfet des Hauts de Seine n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de l'intéressé. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D E A et au préfet des Hauts de Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
C. Gosselin Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet des Hauts de Seine, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026