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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2408962

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2408962

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2408962
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGRANGER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du 30 septembre 2024 par laquelle le ministre de la justice a mis fin au stage et refusé de titulariser Mme A en qualité d'adjointe administrative. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour la requérante d'avoir produit des pièces suffisantes sur l'ensemble de ses ressources et charges pour démontrer un préjudice grave et immédiat. En conséquence, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Granger, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 30 septembre 2024 par laquelle le ministre de la justice a mis fin à son stage et a refusé de la titulariser en qualité d'adjointe administrative au Tribunal judiciaire de Versailles ;

2°) d'enjoindre au ministre de la justice de la réintégrer provisoirement jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond ; subsidiairement, de réexaminer sa situation professionnelle dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement, ce qui implique nécessairement une injonction à titulariser ;

3°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 500 euros par jour d'inexécution ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ; désormais inscrite à Pôle emploi, elle bénéficiera de l'allocation de retour à l'emploi d'un montant de 1 039,50 euros mensuels alors que sa dernière rémunération brute était de 2 379,66 euros et qu'elle subvient aux frais locatifs et estudiantins de sa fille à Rennes pour un montant de 214,35 euros mensuels ;

- s'agissant de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

* Elle est entachée d'incompétence ;

* La composition de la commission administrative paritaire était irrégulière ;

* Elle est entachée d'une inexactitude matérielle dans la mesure où l'autorité administrative n'a pas été à même d'évaluer objectivement et de manière continue ses compétences professionnelles ; ses évaluateurs n'ont pas pris en compte l'acquisition progressive des compétences professionnelles requises ; l'absence d'appui et de cadre expérimenté l'ont nécessairement placée dans une situation professionnelle délicate ;

* Elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; le grief d'insuffisance professionnelle n'est pas établi ; il n'est ni démontré, ni même allégué, que l'attitude de la requérante aurait contribué à désorganiser le service public de la Justice.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n°2408961 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge des référés, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A demande au juge des référé, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 30 septembre 2024 par laquelle le ministre de la justice a mis fin à son stage et a refusé de la titulariser en qualité d'adjointe administrative au Tribunal judiciaire de Versailles.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. En l'espèce, pour justifier de l'urgence, Mme A souligne la diminution de ses ressources et ajoute qu'elle a la charge du loyer de sa fille étudiante à Rennes à hauteur de 214,35 euros par mois. Toutefois, l'intéressée ne produit pas au dossier les pièces relatives à l'ensemble de ses ressources et de ses charges permettant au juge des référés d'apprécier les éventuels effets de la décision litigieuse sur sa situation financière. Il suit de là, qu'en l'état de l'instruction, la condition d'urgence exigée par les dispositions susmentionnées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner s'il existe, au regard des moyens invoqués, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, qu'il y a lieu, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de la justice.

Fait à Versailles, le 18 octobre 2024.

La juge des référés,

signé

J. Sauvageot

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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