mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2409140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP PIWNICA MOLINIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 octobre et 11 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Fau, demande au tribunal :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du président de l'université d'Evry Val d'Essonne en date du 29 août 2024 le suspendant temporairement de ses fonctions pour une durée de quatre mois et quinze jours à compter du 9 septembre 2024 ;
2°) de mettre à la charge de l'université d'Evry Val d'Essonne une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la mesure de suspension contestée, qui fait suite à deux précédentes mesures identiques et couvre l'intégralité de son activité au sein de l'université d'Evry porte la durée totale de sa suspension de fonctions au-delà de la durée maximum d'un an ; si la mesure ne le prive pas de toute sa rémunération, elle lui a fait perdre ses heures supplémentaires, les indemnités dont il bénéficiait en qualité de référent anti-discrimination, ses projets de coopération ainsi qu'une visibilité dans son milieu, elle fait en outre obstacle à sa participation aux colloques ou journées d'étude à Evry ; elle nuit à son honneur et à sa réputation dans le milieu universitaire compte tenu des griefs ignominieux qui la fondent ; la mesure entraîne une désorganisation subite et insurmontable pour la rentrée universitaire ; enfin, il justifie de la dégradation de son état psychologique ; le délai de jugement au fond justifie la suspension ;
- la condition du doute sérieux quant à la légalité de la décision est remplie :
o l'arrêté est fondé sur les articles L. 951-4 et L. 712-2 du code l'éducation qui sont exclusifs l'un de l'autre et ont un régime différent, en méconnaissance des articles L. 122-2 et L. 122-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
o pour l'article L. 712-2 du code de l'éducation, le président ne peut pas suspendre un enseignant chercheur pour des raisons tenant à l'ordre public, il ne peut que suspendre un enseignement ;
o à supposer que le président se soit fondé sur l'article L. 951-4 du code de l'éducation, le délai de saisine de la section disciplinaire n'est pas raisonnable ;
o qui serait survenu postérieurement à l'ordonnance de référé du 10 avril 2024 ; la décision est contraire à une précédente ordonnance de référé qui suspendait l'exécution d'une précédente suspension qui allait jusqu'au 16 septembre 2024 alors que la présente décision prend effet le 9 septembre 2024 et qu'il n'est fait état d'aucun élément nouveau ;
o la décision a pour effet de le suspendre plus d'un an ce qui est contraire à l'article L. 951-4 du code de l'éducation ;
o la décision viole les dispositions des articles L. 531-1 et L. 531-2 car il n'a fait l'objet d'aucune poursuite pénale sans avoir été rétabli dans ses fonctions ;
o la décision est contraire aux dispositions de l'article 2 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique et à l'article L. 121-5 du code général de la fonction publique car l'auteur de la décision était en situation de conflit d'intérêt ;
o la décision est illégale car la présence de M. B au sein du service ne pose pas un inconvénient suffisamment sérieux pour la justifiée ; la décision se fonde notamment sur la circonstance que M. B entretien des liens avec les membres de la section disciplinaire de l'université d'Evry alors que celle-ci n'est plus appelée à connaître de la présente affaire.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 6 novembre 2024, l'Université d'Evry Val d'Essonne conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 6 000 euros soit mis à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- Le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 13 novembre 2024, à 9h30, en présence de Mme Paulin, greffière :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Fau, représentant M. B, qui insiste, d'une part, sur l'urgence à faire cesser les effets d'une mesure de suspension prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 951-4 du code de l'éducation qui limite à une année la durée totale de la suspension, et sur les conséquences graves sur la santé et la notoriété qu'emporte la mesure litigieuse, et, d'autre part, sur le moyen tiré de ce que la mesure de suspension porte la durée totale de la suspension à une durée supérieure à une année, en violation des dispositions de l'article L. 951-4 du code de l'éducation ;
- les observations de M. B, lui-même, qui explique ne pas comprendre les accusations formulées à son encontre, qui déplore ne plus pouvoir organiser de colloques, met en avant le refus que lui a récemment opposé le président de l'université pour l'attribution d'une prime pour laquelle le CNU avait pourtant émis un avis très favorable et affirme qu'eu égard aux informations qu'il a obtenues, aucune décision ne sera prise avant le mois de juillet prochain ;
- et les observations de Me Colonna d'Istria, représentant l'université d'Evry Val d'Essonne qui fait valoir surtout que la situation d'urgence n'est pas caractérisée dès lors que M. B a attendu deux mois avant de saisir le juge des référés de la mesure litigieuse qui prend fin dans deux mois vacances scolaires incluses, que la suspension n'a pas d'effet ni sur son traitement ni sur sa carrière et ne l'empêche pas d'accéder aux locaux de l'université ;
Des pièces complémentaires, présentées par l'université d'Evry Val d'Essonne ont été produites et communiquées au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, à 10h50.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, maître de conférences à l'université d'Evry Val d'Essonne depuis le 1er septembre 2017, a fait l'objet d'un premier arrêté de suspension de fonctions pour une durée six mois prise par le président de cette université le 14 septembre 2023. Par un arrêté du 7 mars 2024, l'intéressé a de nouveau fait l'objet d'une mesure de suspension de fonctions pour une durée de six mois à compter du 16 mars 2024, dont l'exécution a été suspendue par une ordonnance du juge des référés du 10 avril 2024. Toutefois, par un nouvel arrêté du 29 août 2024, M. B a fait l'objet d'une nouvelle mesure de suspension par le président de l'université d'Evry Val d'Essonne, pour une durée de quatre mois et quinze jours à compter du 1er septembre 2024. M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de ce dernier arrêté sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.
3. La mesure litigieuse suspend M. B de ses fonctions au sein de l'université d'Evry Val d'Essonne à compter du 1er septembre 2024 pour une durée de quatre mois et quinze jours. Il est constant que l'intéressé conserve néanmoins sa rémunération indiciaire pendant toute la durée de la mesure. S'il fait valoir l'atteinte à sa réputation au sein du milieu universitaire portée par la mesure litigieuse, il ressort des pièces soumises au juge des référés qu'alors qu'elle a été prise à compter de la rentrée universitaire de septembre 2024, la mesure litigieuse épuise ses effets le 15 janvier 2025, soit avant la fin du premier semestre. En outre, il ressort des pièces du dossier que le président de l'université d'Evry a finalement saisi la section disciplinaire de l'université le 15 mai dernier et qu'à la suite de la demande qu'il a présentée, le conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche a renvoyé le 15 juillet 2024 l'affaire devant la section disciplinaire de l'université de Créteil et depuis la procédure disciplinaire suit son cours. Il est constant que les faits reprochés à M. B fondant la mesure litigieuse, contestés par l'intéressé, ont trait au comportement dont il aurait fait montre dans l'exercice de ses fonctions auprès d'étudiantes de l'université. Si le requérant fait valoir que la suspension attaquée fait obstacle à sa participation aux colloques ou aux journées d'étude organisées au sein de l'université, l'intéressé se borne à justifier à ce titre d'un colloque qu'il a organisé à l'université d'Evry le 25 janvier 2022 et la mesure de suspension ne fait pas obstacle à ce qu'il exerce de telles missions au sein d'une autre université, comme celle de sceaux dans laquelle il ne conteste pas dispenser ses enseignements. Dans ces conditions, de telles circonstances ne sont pas de nature à établir une atteinte suffisamment grave à sa situation à la date de la présente ordonnance. Enfin, si le requérant justifie le rôle central qu'il assumait dans le master 2 Droits de l'homme et droit humanitaire de l'université d'Evry, il est constant que l'année universitaire avait débuté depuis près de deux mois lorsqu'il a saisi le juge des référés. Au regard de l'ensemble de ces circonstances, malgré l'arrêt de travail d'une durée de trois mois à compter du 10 septembre 2024 qu'il produit et bien que la suspension litigieuse fasse suite à deux précédentes mesures ayant le même effet l'ayant écarté de ses fonctions à l'université d'Evry Val d'Essonne l'année universitaire dernière, la décision attaquée ne préjudicie pas en elle-même de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation pour que la condition d'urgence au sens et pour l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative puisse être regardée comme étant remplie.
4. La condition d'urgence n'étant pas remplie, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que l'université d'Evry Val d'Essonne demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par M. B soient mises à la charge de l'université, qui n'est pas la partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par l'université d'Evry-Val-d'Essonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à l'Université d'Evry-Val-d'Essonne.
La juge des référés
signé
J. C
La greffière,
signé
S. Paulin
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°24091402
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026