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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409275

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409275

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409275
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A C, ressortissante algérienne. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet des Yvelines de lui délivrer un document régularisant sa situation, son certificat de résidence étudiant arrivant à expiration. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière requise par cette procédure n'était pas remplie, dès lors que la requérante disposait encore d'un titre de séjour valable jusqu'au 28 novembre 2024. La solution retenue est fondée sur les dispositions du code de justice administrative et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 octobre 2024, Mme A C demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un document régularisant sa situation au regard du droit au séjour dans les plus brefs délais à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

Elle soutient que le certificat de résidence en qualité d'étudiant dont elle a demandé le renouvellement expire le 28 novembre prochain sans que la préfecture des Yvelines ne lui délivre de document justifiant de la régularité de son séjour et que cette situation entrave sa capacité à conserver son logement, à travailler et à effectuer son stage obligatoire pour l'obtention de son diplôme de master 2, met en péril sa situation financière et ses perspectives d'avenir et l'empêche de mener à bien toutes ses démarches administratives, la laissant dans une situation de blocage et d'incertitude nuisant à sa santé mentale et à sa capacité à se concentrer sur ses études.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. B en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour exercer les fonctions de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

3. En l'espèce, Mme A C, ressortissante algérienne née le 15 juin 2002, a déposé, le 4 septembre 2024, une demande de renouvellement de son certificat de résidence portant la mention " étudiant - élève " venant à expiration le 28 novembre 2024. Mme C fait valoir que la préfecture des Yvelines ne lui a délivré aucun document justifiant de la régularité de son séjour et que cette situation entrave sa capacité à conserver son logement, à travailler et à effectuer son stage obligatoire pour l'obtention de son diplôme de master 2, met en péril sa situation financière et ses perspectives d'avenir et l'empêche de mener à bien toutes ses démarches administratives, la laissant dans une situation de blocage et d'incertitude nuisant à sa santé mentale et à sa capacité à se concentrer sur ses études. Toutefois, dès lors notamment qu'elle demeure titulaire d'un certificat de résidence valable jusqu'au 28 novembre prochain, Mme C ne justifie pas se trouver dans une situation particulière d'urgence, prévue par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de nature à justifier qu'il soit statué sur sa demande dans un délai de quarante-huit heures.

4. Il y a lieu de rappeler, à toutes fins utiles, qu'aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2 () " et qu'aux termes de l'article R. 431-15-1 du même code : " Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande ". Il résulte de ces dispositions, dès lors que Mme C justifie avoir déposé sa demande de renouvellement de certificat de résidence dans le délai prévu au 1°) de l'article R. 431-5, que le préfet des Yvelines sera tenu de lui délivrer une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dans l'hypothèse où cette instruction doit se prolonger au-delà du 28 novembre 2024. Il appartiendra à Mme C, si elle s'y croit fondée, de saisir à nouveau le juge des référés si, à cette date, une décision n'est pas prise sur sa demande sans qu'une attestation lui soit délivrée.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Mme C doit être rejetée, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Fait à Versailles, le 28 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

S. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2409275

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