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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409381

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409381

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409381
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Cette requête, présentée devant le juge des référés du Tribunal administratif de Versailles sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est rejetée. M. B, ressortissant camerounais, demandait à ce qu'il soit enjoint au préfet des Yvelines de convoquer et d'enregistrer sa demande de titre de séjour en tant que membre de famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire, en raison de difficultés informatiques l'empêchant d'obtenir un rendez-vous. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les pièces fournies ne démontrant pas une atteinte grave et immédiate à ses libertés fondamentales (vie privée et familiale, droit à l'éducation) justifiant une intervention dans les 48 heures.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Joory, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de le convoquer afin d'enregistrer sa demande de carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale " en tant que membre de famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire, dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de le convoquer et de lui délivrer un récépissé de dépôt de demande ou tout document justifiant de son droit au séjour et au travail, dans l'attente de l'instruction de sa demande de titre de séjour en tant que membre de famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire, dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- à défaut de pouvoir faire enregistrer sa demande de titre de séjour et de bénéficier d'un récépissé dans l'attente de l'instruction de sa demande, il va perdre l'ensemble des droits dont il peut bénéficier, à commencer par son droit au séjour, dès le 30 octobre 2024, date d'expiration de son visa en cours de validité, alors même qu'il remplit les conditions pour obtenir de plein droit une carte de séjour pluriannuelle en tant que membre de famille d'une personne protégée ; alors qu'il a respecté ses obligations en tentant de déposer sa demande de titre de séjour dans le délai de validité de son visa, il est empêché de le faire du fait d'un dysfonctionnement informatique et de l'incapacité ou l'absence de volonté de l'administration de l'aider à résoudre ce problème ; il est actuellement scolarisé à l'Ecole de Management Appliqué dans le cadre d'un Bachelor et le service de la scolarité a sollicité à l'oral la présentation d'un document de séjour valable après le 30 octobre 2024 ; il craint donc de voir sa scolarité interrompue, en dépit des frais de scolarité importants qui ont été payés, du fait du dysfonctionnement de l'administration ;

- la situation en litige porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à son droit à l'éducation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. À cet égard, la seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale, portée par une mesure administrative, serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence au sens de ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

3. M. B, ressortissant camerounais né le 17 août 2005, qui a bénéficié d'un visa D valable jusqu'au 30 octobre 2024 et qui fait état de l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous auprès des services de la préfecture des Yvelines et du blocage du site de l'ANEF, aux fins d'enregistrer sa demande de titre de séjour " vie privée et familiale " en tant que membre de famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire, demande au juge des référés d'enjoindre au préfet des Yvelines, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de le convoquer pour lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour et d'enregistrer sa demande. Pour justifier de l'urgence, il soutient que la fin de validité de son visa le placera en situation irrégulière et compromettra sa situation personnelle, mais également ses perspectives de poursuite d'études. Néanmoins, par les seules pièces versées à cet égard au dossier, en particulier le certificat de scolarité ou encore le courrier émanant de l'assurance maladie, au demeurant émis alors qu'il était encore titulaire du visa dont il lui était demandé copie, il ne justifie pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. Par suite, la requête de M. B doit être rejetée sur le fondement des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 31 octobre 2024.

La juge des référés

Signé

E. Marc

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2409381

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