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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409734

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409734

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409734
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBAHIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Bahic, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de délivrance de titre de séjour prise par la préfète de l'Essonne ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de sept jours à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat ; en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, de lui verser directement cette somme.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle aura 19 ans dans moins d'un mois et perdra par suite le bénéfice d'un titre de séjour qu'elle aurait dû obtenir de plein droit ; la décision en litige l'empêche de souscrire à la déclaration de nationalité française prévue par les dispositions de l'article 21-13-2 du code civil ; cette décision l'empêche de continuer ses études, de trouver un emploi et de prétendre à des aides sociales pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa fille ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; elle est insuffisamment motivée ; la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ; la décision en litige méconnaît l'article L 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a produit ni pièce, ni observation.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond enregistrée sous le n° 2409734 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 28 novembre 2024 à 14h, en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience, M. Ouardes a lu son rapport son rapport et entendu :

- les observations de Me Bahic qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il précise ;

- la préfète de l'Essonne n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1.Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "

2. Si l'attestation de dépôt de son dossier émanant du site de la préfecture " démarches simplifiées " et les échanges de courriels postérieurs par lesquels la requérante a complété sa demande en déposant les pièces sollicitées par les services préfectoraux, démontrent que Mme B a engagé la procédure en vue de se voir délivrer un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour en préfecture, l'absence de fixation à ce jour d'un rendez-vous à la suite de la réalisation de ces démarches n'a pas pour effet de faire naitre une décision implicite de rejet d'enregistrer sa demande. Par suite, le recours pour excès de pouvoir formé contre une telle décision, qui est inexistante, n'est pas recevable et la demande tendant à sa suspension ne peut dès lors qu'être rejetée.

3. Par suite, la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris s'agissant de son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 5 décembre 2024,

Le juge des référés, La greffière,

signé signé

P. Ouardes N. Gilbert

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2409734

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