mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2409758 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELUR PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 12 et 25 novembre 2024, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 22 mars 2024 par laquelle le maire de la commune de Viry-Châtillon a fait opposition à la déclaration préalable n° DP 091687 24 1 60 20 déposée le 9 février 2024 en vue de l'implantation d'antennes de téléphonie mobile sur le toit d'un bâtiment situé 16 passage Ferber ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à titre principal au maire de la commune de Viry-Châtillon de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois courant à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ce, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réinstruire sa déclaration préalable en prenant une décision dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Viry-Châtillon la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie dès lors que la décision attaquée porte une atteinte grave et suffisamment caractérisée, d'une part, à l'intérêt public de couverture du territoire communal par les réseaux de téléphonie mobile 3G, 4G et 5G et, d'autre part, aux intérêts privés de la société Free Mobile, en ce qu'elle fait obstacle à l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile et est ainsi de nature à compromettre le respect de ses engagements en matière de couverture du territoire national, la partie du territoire concernée par le projet n'étant pas couverte par son réseau, tel que démontré par les cartes de couverture réseau jointes au dossier, de sorte que la station relais concernée est nécessaire au déploiement du réseau ; les obligations qui pèsent sur elle pour la 4 G et le THD en terme de couverture de la population métropolitaine sont de 98% au 17 janvier 2027 et de 99,6% au 8 décembre 2030, en terme de couverture de la population de chaque département métropolitain sont de 90% au 17 janvier 2027 et de 95% au 8 décembre 2030, en terme de couverture de la population pour l'aménagement numérique du territoire dans les zones peu denses sont de 50% au 17 janvier 2022, de 92% au 17 janvier 2027 et de 97,7% au 8 décembre 2030, en terme de couverture des centres de bourgs non couverts sont de 100% au 17 janvier 2027, en terme de couverture des axes routiers sont de 100% au 8 décembre 2030 enfin, en terme de couverture de réseaux ferrés sont, au niveau national, de 60% au 17 janvier 2022, de 80% au 17 janvier 2027 et de 90% au 8 décembre 2030 et au niveau de chaque région, respectivement de 60% au 17 janvier 2027 et de 80% au 8 décembre 2030 ; pour la 5 G, elle doit assurer l'accès à son réseau à partir de 3 000 sites à compter du 31 décembre 2022, à partir de 8 000 sites à compter du 31 décembre 2024 et à partir de 10 500 sites à compter du 31 décembre 2025 ; à ce jour, les objectifs de couverture imposés ne sont pas atteints en matière de 4 G et encore plus en matière de 5 G ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension est demandée ; en premier lieu, elle a été prise par une autorité incompétente à défaut de production d'une délégation de signature régulière ; en deuxième lieu, elle est entachée d'une erreur de fait car la distance qui sépare le projet en litige du groupe scolaire Charles Perrault est de 108,66 mètres ce qui respecte l'article UA 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme imposant une distance de plus de 100 mètres entre les antennes relais et les établissements sensibles ; en troisième lieu, le motif tiré du principe de précaution sous-tendant l'article UA 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme est illégal de sorte qu'elle peut en exciper par voie d'exception dès lors que l'existence d'une police spéciale emporte une incompétence de l'autorité communale sauf situation de péril imminent et aucun élément circonstancié n'est établi en l'espèce ; si le principe de précaution n'est pas cité directement dans la décision d'opposition, il sert toutefois de fondement à l'interdiction posée à cet article du règlement du plan local d'urbanisme ; en troisième lieu, l'article UA 2.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme qui pose une hauteur maximale de 18 mètres n'apporte pas d'éléments pour déterminer les modalités de calcul à retenir et en se référant au lexique de ce règlement, le bâtiment d'assiette présente une hauteur de 21,65 mètres mesurés à l'acrotère et dépasse donc les 18 mètres posés comme maximum ce qui induit l'application de la jurisprudence Seckler, le projet étant étranger à la règle de hauteur méconnue car le lexique exclut du calcul de la hauteur maximale autorisées les antennes relais et les cheminées ; et si l'on devait intégrer les antennes, les fausses cheminées dans le calcul de la hauteur maximale, la hauteur sommitale de l'existant est de 24,60 mètres et la plus haute des fausses cheminées culminera à la même hauteur ; en quatrième lieu, le règlement du plan local d'urbanisme ne comporte aucune précision concernant la notion de regroupement prévu à l'article UA 2.2 et les antennes sont bien regroupées sur une partie de l'ensemble immobilier, et ne sont d'ailleurs pas visibles de l'espace public car elles seront camouflées dans de fausses cheminées ; l'environnement paysager se caractérise par un grand nombre d'appendices techniques de taille respectable, lesquels sont d'ailleurs plus massifs que les fausses cheminées projetées ; des cheminées de gabarit équivalent sont au demeurant présentes sur des bâtiments avoisinants ; en dernier lieu, la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation en ce que la commune ne fait état d'aucun élément de nature à caractériser la qualité du site d'implantation, lequel ne présente pas de caractéristiques susceptibles de lui conférer un intérêt.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2024, la commune de Viry-Châtillon, représentée par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Free Mobile au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Mme A B, 8ème adjointe au maire chargée de la protection de l'environnement, l'urbanisme et les marchés publics, a reçu délégation de fonction et de signature par arrêté du 17 juillet 2023 ;
- s'agissant des dispositions de l'article UA 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme, le montage Google Maps présenté par la requérante ne présente aucune force probante et il a été constaté que la distance qui sépare l'implantation d'une des trois antenne-relais et l'école Charles Perrault est bien inférieure aux 100 mètres imposés ; en outre, il ne ressort en rien de ces dispositions que la règle d'éloignement imposée aux antennes relais au regard des écoles, crèches et établissements de santé résulterait du principe de précaution ;
- s'agissant des dispositions de l'article UA 2.1.5 de ce même règlement, le projet querellé vise l'implantation d'un relais de téléphonie dans de fausses cheminées ce qui ne correspond pas à une simple antenne râteau ou une souche de cheminée ; le projet aggrave une situation non conforme à la règle du plan local d'urbanisme dès lors que le bâtiment dépasse les 18 mètres de hauteur imposés, la hauteur absolue de l'édifice passant de 24,15 mètres à 24,60 mètres ; les dispositions en cause sont applicables au projet de construction d'une antenne de radiotéléphonie ;
- s'agissant des dispositions de l'article UA 2.2 du même règlement, l'aspect global du projet en litige par son aspect extérieur ne prend pas en compte l'obligation d'intégration au projet architectural ; la présentation des lieux faite par la requérante est biaisée, le bâtiment supportant le projet n'ayant aujourd'hui aucune cheminée mais uniquement des édicules d'ascenseur ; les trois fausses cheminées sont situées chacune à une extrémité de la section bâtie sans former aucun regroupement ;
- à supposer même que l'un des moyens présentés dans la requête pourrait prospérer, elle était légalement fondée à s'opposer à la déclaration préalable dès lors que les autres motifs subsistent.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2408451 enregistrée le 30 septembre 2024 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 novembre 2024 à 14 heures, tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience :
- le rapport de M. Fraisseix, juge des référés ;
- les observations de Me Brunstein-Compard, pour la société Free Mobile, qui maintient ses conclusions par les mêmes moyens ; il fait valoir en outre que l'urgence est constituée en raison des intérêts public, tenant à la couverture du territoire, et privé de la société requérante, la commune ne le contestant au demeurant pas dans ses écritures ; sur le fond, la société excipe de l'illégalité de l'article UA 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que la commune s'est arrogée un pouvoir de police spéciale, la distance de 100 mètres étant en outre respectée comme l'atteste Google Maps auquel il est possible de recourir et le principe de précaution sous-tendant cet article ayant fait l'objet d'une mauvaise interprétation en l'absence de risque avéré ; à cet égard, les inscriptions mentionnées sur le plan de masse par la commune ne sont pas issues d'un logiciel mais sont simplement manuscrites, donc sans valeur probante ; par ailleurs, s'agissant de l'article UA 2.2.5 de ce même règlement, le bâtiment en cause est ancien par rapport à la règle de hauteur édictée de sorte qu'il convient d'appliquer la jurisprudence Seckler car le projet contesté n'aggrave pas l'illégalité existante, le lexique du règlement ne prenant en tout état de cause pas en compter les antennes et les souches de cheminées ; en dernier lieu, la notion de regroupement des antennes n'est pas définie et les cheminées sont bien regroupées avec une couleur comparable à celle des éléments d'ascenseurs à proximité immédiate et s'il n'y a pas d'autres cheminées implantées il y a des édicules d'ascenseurs d'un lourd gabarit ;
- et les observations de Me Cohen, pour la commune de Viry-Châtillon, qui persiste dans ses précédentes conclusions et précise en outre que le signataire de la décision contestée est compétent aux termes d'un arrêté du 17 juillet 2023 ; par ailleurs, les antennes ne sont pas implantées à une distance supérieure à 100 mètres de l'école contrairement à la présentation de la société requérante, le calcul de Google Maps n'étant pas probant ; la hauteur totale est supérieure à celle autorisée par l'article UA 2.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme, le projet contesté visant l'implantation d'un relais de téléphonie dans de fausses cheminées ce qui ne correspond pas à une simple antenne râteau ou une souche de cheminée relevant des exceptions autorisées ; le projet aggrave une situation non conforme à la règle du plan local d'urbanisme ; enfin, les antennes ne sont pas regroupées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14 heures 26.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé le 9 février 2024 une déclaration préalable de travaux n° DP 091687 24 1 60 20 en vue de l'implantation d'antennes de téléphonie mobile sur le toit d'un bâtiment situé 16 passage Ferber sur le territoire de la commune de Viry-Châtillon. Le 22 mars 2024, le maire de la commune de Viry Châtillon s'est opposé à cette déclaration préalable. La société Free Mobile demande au juge des référés, en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette opposition à déclaration préalable ainsi que celle de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible et, par suite, lorsque la suspension d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
En ce qui concerne l'urgence :
4. Il résulte de l'instruction que les obligations qui ont été faites à la société Free Mobile par l'autorité de régulation des télécommunications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP), portent sur la couverture en 4G et TDH devant atteindre 98 % de la population au 17 janvier 2027 et 99,6 % au 8 décembre 2030, sur l'accès de la population de chaque département métropolitain devant atteindre 90% au 17 janvier 2027 et 95% au 8 décembre 2030, sur la couverture de la population pour l'aménagement numérique du territoire dans les zones peu denses devant atteindre 50% au 17 janvier 2022, 92% au 17 janvier 2027 et 97,7% au 8 décembre 2030, sur la couverture des centres de bourgs non couverts devant atteindre 100% au 17 janvier 2027, la couverture des axes routiers devant atteindre 100% au 8 décembre 2030 et sur la couverture des réseaux ferrés devant atteindre au niveau national 60% au 17 janvier 2022, 80% au 17 janvier 2027 et 90% au 8 décembre 2030 et au niveau de chaque région 60% au 17 janvier 2027 et 80% au 8 décembre 2030. La société Free Mobile est tenue en outre d'assurer l'accès à son réseau 5G à partir de 3 000 sites à compter du 31 décembre 2022, à partir de 8 000 sites à compter du 31 décembre 2024 et à partir de 10 500 sites à compter du 31 décembre 2025. Compte tenu des délais nécessaires à la société requérante pour trouver des sites permettant l'implantation d'antennes de relais de téléphonie mobile, elle doit être, dès à présent, en mesure d'apprécier le nombre de sites qu'elle doit encore trouver pour remplir les objectifs de couverture par les réseaux 3G et 4G. Il résulte des données et notamment des cartes de couverture réseau produites dans la présente instance par la société requérante, dont la sincérité ne peut être utilement contestée par les cartes de couverture de l'ARCEP, qu'à ce jour le taux de couverture en 4G de 99,6% de la population métropolitaine imposé par son cahier des charges n'est pas atteint. En matière de 5G, le nombre de stations relais en service sur la gamme de fréquences attribuées est à ce jour de 6 400 sur les 8 000 devant être mises en service d'ici le 31 décembre 2024. Par ailleurs, la société Free mobile démontre, par les cartes qu'elle produit, que le secteur où doit être implanté la station de radiotéléphonie mobile n'est pas couvert par les réseaux radioélectriques. Il s'ensuit qu'eu égard à l'intérêt public s'attachant à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile, ainsi qu'aux intérêts propres de la société Free Mobile, au regard des engagements pris vis-à-vis de l'Etat quant à la couverture du territoire par ces réseaux, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
5. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de l'exception d'illégalité de l'article UA 1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Viry-Châtillon et des erreurs d'appréciation au regard de ce même article ainsi que des articles UA 2.1.5 et UA 2.2 de ce même règlement, sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces décisions. Est également propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces décisions le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard de l'article UA 2.2 du même règlement.
En ce qui concerne la demande de substitution de motif :
6. L'administration peut faire valoir devant le juge des référés que la décision dont il lui est demandé de suspendre l'exécution, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge des référés, après avoir mis à même l'auteur de la demande, dans des conditions adaptées à l'urgence qui caractérise la procédure de référé, de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher s'il ressort à l'évidence des données de l'affaire, en l'état de l'instruction, que ce motif est susceptible de fonder légalement la décision et que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative et à condition que la substitution demandée ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué, le juge des référés peut procéder à cette substitution pour apprécier s'il y a lieu d'ordonner la suspension qui lui est demandée.
7. Si la commune de Viry-Châtillon entend soulever une substitution de motifs, elle ne soulève toutefois aucun moyen nouveau au regard de la décision en litige.
8. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible, en l'état de l'instruction, de fonder la suspension des décisions en litige.
9. Il en résulte que les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, de telle sorte qu'il y a lieu de prononcer la suspension des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
10. Lorsque le juge suspend un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncé dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision ainsi suspendue interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de l'ordonnance y fait obstacle. La décision de l'administration prise en exécution de cette injonction ne revêt toutefois qu'un caractère provisoire dans l'attente du jugement à intervenir sur la requête tendant à l'annulation de l'autorisation d'urbanisme ou de la déclaration préalable en cause.
11. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date des décisions suspendues interdiraient que la demande puisse être accueillie pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de la présente ordonnance y ferait obstacle. Eu égard au caractère provisoire qui s'attache aux décisions du juge des référés, l'exécution de la présente ordonnance qui suspend la décision par laquelle le maire de la commune de Viry Châtillon s'est opposé à la déclaration préalable de la société Free Mobile implique qu'il soit enjoint à l'administration de lui délivrer l'attestation de décision de non opposition prévue à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Viry-Châtillon, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait et de droit, d'y procéder, à titre provisoire et dans l'attente du jugement au fond, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Viry-Châtillon la somme de 1 000 euros à verser à la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la commune de Viry-Châtillon tendant à l'application de ces dispositions doivent en revanche être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 22 mars 2024 par lequel le maire de la commune de Viry Châtillon s'est opposé à la déclaration préalable n° DP 091687 24 1 60 20 déposée le 9 février 2024 par la société Free Mobile, ainsi que de la décision rejetant implicitement son recours gracieux formé contre cet arrêté, est suspendue, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Viry-Châtillon de délivrer, à titre provisoire dans l'attente du jugement au fond, et sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait et de droit, à la société Free Mobile, l'attestation de non opposition prévue à l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : La commune de Viry-Châtillon versera à la société Free Mobile une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Viry-Châtillon tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune de Viry-Châtillon.
Fait à Versailles, le 26 novembre 2024.
Le juge des référés, La greffière,
signé signé
P. Fraisseix S. Paulin
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026