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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409887

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409887

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409887
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSUCHY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2427789 du 29 octobre 2024, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé la requête de A B au tribunal administratif de Versailles.

Par cette requête, enregistrée le 15 octobre 2024 au tribunal administratif de Paris, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

- de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

- d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2024 par lequel le préfet de police de Paris a pris à son encontre une prolongation de vingt-quatre mois supplémentaires à sa première interdiction de retour sur le territoire français de douze mois, la portant ainsi à un total de trente-six mois ;

- d'enjoindre au préfet de police de Paris de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui fournir une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'une semaine, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2. 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

elle est entachée d'incompétence,

elle est insuffisamment motivée ;

elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

s'agissant de la décision portant refus de délai au départ volontaire :

elle est entachée d'incompétence,

elle est insuffisamment motivée ;

elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en raison de sa pathologie ;

s'agissant de la décision portant décision fixant le pays de destination :

elle est entachée d'incompétence,

elle est insuffisamment motivée ;

elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

s'agissant de la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français :

elle est entachée d'incompétence,

elle est insuffisamment motivée ;

elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation en raison de sa pathologie et de la durée de son séjour en France.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Gosselin pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 28 novembre 2024 qui s'est tenue en présence de M. Rion, greffier :

- le rapport de Mme Gosselin, magistrat désigné ;

- les observations de Me Suchy, avocat de permanence qui, intervenant dans ce dossier, déclare se désister de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B.

- le préfet de police de Paris n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, se disant également Zakaria Bouchouata, né le 15 novembre 1988 à Annaba (Algérie) de nationalité algérienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise le 25 mai 2024 par le préfet de police de Paris et accompagné d'une décision fixant le pays de destination et d'une décision portant refus de départ volontaire. Incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Merogis, il a fait l'objet d'un second arrêté de la part du même préfet le 13 octobre 2024, prorogeant son interdiction de retour sur le territoire français d'un à trois ans. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cet arrêté dès lors qu'il a joint cette décision à sa requête.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. Il est donné acte du désistement du requérant s'agissant de ses conclusions tendant à l'obtention de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions en annulation :

S'agissant des moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le pays de destination, la décision portant refus de départ volontaire et la décision initiale portant interdiction de retour sur le territoire français :

3. Ces décisions, qui datent des 25 et 26 mai 2024, ont déjà été jugées par un jugement du tribunal administratif de Paris du 29 octobre 2024 n° 2427789 qui les a reconnues légales. Dès lors, à supposer que M. B attaque ces décisions, les conclusions présentées à leur encontre sont inopérantes et doivent par suite être rejetées.

S'agissant de la légalité de la décision portant prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français :

4. En premier lieu, par un arrêté n° 7504323192 du 23 août 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à Mme D C, attachée d'administration de l'Etat, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle précise notamment l'état civil du requérant et sa situation administrative. Elle est, en conséquence, suffisamment motivée.

6. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " - 1 - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

7. M. B soutient que la décision attaquée méconnaitrait les stipulations précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que bien qu'une obligation de quitter le territoire français ait été prise à son encontre il y a moins d'un an et jugée légale par le tribunal administratif de Paris le 29 octobre 2024, l'intéressé a fait l'objet d'une comparution immédiate pour vol avec destruction en récidive. Au surplus, il a déclaré lors de son interpellation qu'il ne souhaitait pas partir. Par suite, compte tenu de son comportement et de la réitération des délits, il constitue un danger pour l'ordre public. Dès lors, la décision attaquée constitue une mesure nécessaire à la sûreté publique et à la prévention des infractions pénales. Dès lors, elle n'a pas méconnu les stipulations précitées.

Sur les autres conclusions :

8. Compte tenu de ce qui précède, il convient de rejeter également les conclusions en injonctions et celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article1 : Il est donné acte du désistement de M. B s'agissant de l'octroi de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B se disant également Zakaria Bouchouata et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

Le magistrat désigné

signé

C. Gosselin Le greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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