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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2409961

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2409961

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2409961
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantROBACH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 novembre 2024, M. B C, représenté par Me Robach, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui donner un rendez-vous en préfecture pour retirer son titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- La condition d'urgence est remplie dès lors que l'attestation de décision favorable en sa possession ne mentionne pas qu'il peut travailler et sa demande d'inscription en tant que demandeur d'emploi a ainsi été refusée alors que cette inscription est nécessaire pour lui permettre de poursuivre son contrat de professionnalisation ; le délai de remise de son titre de séjour est excessivement long ;

- la mesure demandée est utile dès lors qu'il n'a pas d'autre voie pour obtenir la remise de son titre de séjour ;

- cette mesure ne fait obstacle à aucune décision administrative et ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse dès lors que sa demande a été acceptée.

La requête de M. C a été communiquée à la préfète de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant soudanais né le 01 janvier 1993, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire et a demandé au préfet de police de Paris la délivrance d'un titre de séjour en cette qualité. Le 1er septembre 2022 il s'est vu délivrer une attestation de décision favorable l'informant qu'une carte de séjour pluriannuelle valable du 2 septembre 2022 au 1er septembre 2026 était en cours de fabrication. M. C demande, par la présente requête, au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous en préfecture afin qu'il puisse se voir remettre sa carte de séjour pluriannuelle.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'injonction

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Il résulte de l'instruction que pouvoir retirer son titre de séjour pluriannuel, dont la délivrance lui a été accordée, M. C devait être convoqué dans les locaux de la préfecture. L'intéressé soutient que ses tentatives auprès des services de la préfecture pour obtenir un rendez-vous afin de pouvoir venir retirer son titre de séjour sont jusqu'à présent restées vaines. A ce titre, il produit notamment un courriel adressé aux services de la préfecture le 3 septembre 2024, demeuré sans réponse ainsi qu'un courriel de son conseil en date du 1er novembre 2024 également demeuré sans réponse. En l'absence de mémoire en défense de la préfète de l'Essonne et dès lors que le requérant soutient sans être contesté que le défaut de détention de son titre de séjour l'empêche de s'inscrire en tant que demandeur d'emploi et ainsi de poursuivre son contrat de professionnalisation, l'intéressé doit être regardé comme établissant suffisamment tant l'urgence que l'utilité du rendez-vous qu'il souhaite obtenir ainsi que les obstacles auxquels il se heurte. Dans ces conditions, la demande de M. C tendant à obtenir un rendez-vous pour retirer son titre de séjour présente un caractère urgent et utile.

5. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de convoquer M. C en préfecture pour lui remettre son titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. A ce stade, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

6. Il résulte du point 2 que M. C est provisoirement admis à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Robach, avocate de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Robach la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée directement à M. C au titre den l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire

Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de convoquer M. C en préfecture pour lui remettre son titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Robach renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Robach, avocate de M. C, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée, la somme de 800 euros sera versée à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, au ministre de l'intérieur, à la préfète de l'Essonne et à Me Robach.

Fait à Versailles, le 13décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

R. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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