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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2410424

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2410424

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2410424
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMACAREZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2024,Bnold A, représenté par Me Macarez, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de procéder à l'enregistrement de sa demande de titre de séjour dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de lui enjoindre de lui délivrer un récépissé ou tout autre document l'autorisant à séjourner et à travailler au cours de l'instruction, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la décision attaquée le place de facto en situation irrégulière compte tenu de son âge et de la régularité antérieure de sa situation administrative, lui ayant permis de poursuivre ses études en France ;

- elle l'empêche de passer l'examen du brevet de technicien supérieur (BTS) auquel il est inscrit, ce qui entraînera sa précarisation ;

- elle le prive des droits afférents à sa qualité de jeune majeur : sécurité sociale, liberté d'aller et venir, exercice d'une activité professionnelle notamment.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige :

- la décision contestée est entachée de l'incompétence de son auteur ; il est impossible d'identifier l'auteur de cette décision implicite, malgré ses sollicitations ;

-

- elle n'est pas motivée, malgré les relances effectuées ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa demande est recevable et qu'il a joint à celle-ci l'ensemble des documents requis ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- la requête n° 2410075, enregistrée le 21 novembre 2024, par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Ribeiro-Mengoli, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".

2. En application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les dispositions de l'article L. 522-1 de ce code relatives à la procédure contradictoire et à la tenue d'une audience.

3. M. A, ressortissant camerounais né le 9 janvier 2006, est entré en France en qualité de mineur accompagnant en 2017, à l'âge de 11 ans. Il a bénéficié de documents de circulation pour étranger mineur, régulièrement renouvelés jusqu'à sa majorité. Le 3 octobre 2023, il a demandé la délivrance d'un titre de séjour " jeune majeur ", sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auprès de la préfète de l'Essonne, sur le site " démarches simplifiées ". Par la présente requête, il demande la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Essonne a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour.

4. Si l'attestation de dépôt de son dossier émanant du site de la préfecture " démarches simplifiées " et les échanges de courriels postérieurs par lesquels le requérant a complété sa demande en déposant les pièces sollicitées par les services préfectoraux, démontrent que M. A a engagé la procédure en vue de se voir délivrer un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour en préfecture, l'absence de fixation à ce jour d'un rendez-vous à la suite de la réalisation de ces démarches n'a pas pour effet de faire naitre une décision implicite de rejet d'enregistrer sa demande. Par suite, le recours pour excès de pouvoir formé contre une telle décision, qui est inexistante, n'est pas recevable et la demande tendant à sa suspension ne peut dès lors qu'être rejetée. Il est en revanche loisible au requérant, s'il s'y croit fondé au regard de la situation d'urgence qu'il fait valoir, de saisir le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative afin qu'il soit ordonné à la préfète de l'Essonne de lui fixer un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour et se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour à la suite de ce dépôt.

5. Par suite, les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées à fin d'injonction sous astreinte et sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée Brnold A.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne. Fait à Versailles, le 4 décembre 2024.

La juge des référés

signé

N. Ribeiro-Mengoli

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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