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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2410500

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2410500

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2410500
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJOSSEAUME

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet des Yvelines suspendant le permis de conduire de M. A pour cinq mois suite à un excès de vitesse de 44 km/h. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car les arguments professionnels du requérant (agent immobilier) n'étaient pas suffisamment circonstanciés et que la gravité de l'infraction, au regard des exigences de sécurité routière, primait sur les inconvénients allégués. La décision a été prise sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi que de l'article L. 224-2 du code de la route.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Josseaume, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du préfet des Yvelines du 7 novembre 2024 portant suspension de la validité de son permis de conduire pour une durée de 5 mois à compter de la mesure de rétention.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de la route ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Mauny, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'un arrêté de suspension de la validité d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.

3. M. A a fait l'objet d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour avoir commis le 6 novembre 2024 sur la commune de Mareil le Guyon une infraction punie par le code de la route de la peine complémentaire de suspension de permis de conduire, à savoir un dépassement de 40 kilomètres par heure ou plus de la vitesse maximale autorisée, avec une vitesse retenue de 154 kilomètres par heure dans une zone où la vitesse maximale autorisée était de 110 kilomètres par heure. Par une décision du 7 novembre 2024, le préfet des Yvelines, en application des dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route, a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de 5 mois à compter de la mesure de rétention ou à défaut à compter de la notification de sa décision. Pour justifier d'une situation d'urgence à suspendre l'exécution de cette décision, le requérant fait valoir qu'il est agent immobilier, que ses activités lui imposent des déplacements permanents entre le siège de son activité et les différents sites de visite, de prospection et de rendez-vous avec ses clients, des banques ou des notaires, et qu'un autre mode de transport n'est pas adapté à sa situation. S'il résulte des pièces qu'il produit qu'il est gérant d'une agence immobilière, il n'apporte aucun élément circonstancié sur les conditions concrètes d'exercice de son activité. Il se borne en outre à produire, pour justifier de la nécessité de disposer de son permis de conduire pour les besoins de son activité, une attestation en ce sens de son expert-comptable qui fait état de la présence de plusieurs salariés, dont rien n'indique qu'ils ne seraient pas en mesure d'assurer les déplacements qu'il évoque ou de l'y accompagner. En outre, il ressort de la décision en litige que M. A a commis un dépassement de plus de 40 kilomètres par heure de la vitesse autorisée sur la commune de Mareil le Guyon. Au regard de ces éléments, et eu égard à la gravité de l'infraction au code de la route constatée, les exigences de la protection de la sécurité routière, dont il appartient au juge des référés de tenir compte, font obstacle à ce que puisse être regardée comme remplie la condition d'urgence au sens des articles L. 521-1 et R. 522-1 précités du code de justice administrative, en dépit des inconvénients que la décision présente pour le requérant. Les conclusions à fin de suspension de l'exécution de la décision en litige doivent, par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, être rejetées par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 10 décembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. Mauny

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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