lundi 6 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2410518 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GAGNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 29 décembre 2024, M. C D, représenté par Me Mergui, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2024 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 700 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
S'agissant des décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- les décisions sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 432-1 et du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement ne présente pas une menace pour l'ordre public ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation médicale et elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi
- la décision est illégale dès lors qu'elle a été prise sur le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire elle-même illégale ;
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- la décision est illégale dès lors qu'elle a été prise sur le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire elle-même illégale ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est illégale dès lors qu'elle a été prise sur le fondement des décisions portant obligation de quitter le territoire et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire elles-mêmes illégales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines qui n'a pas produit d'observations mais a produit des pièces enregistrées les 16 décembre 2024 et 2 janvier 2025.
La présidente du tribunal a désigné M. Gibelin pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 janvier 2025 qui s'est tenue en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière :
- le rapport de M. Gibelin, premier conseiller,
- les observations de Me Mergui, avocat, représentant M. D, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient que son comportement ne présente pas une menace à l'ordre public dès lors que ses condamnations sont anciennes, qu'il ne dispose d'aucune attache dans son pays d'origine et que l'ensemble de ses attaches personnelles et familiales se situent en France, qu'il participe à l'entretien et à l'éducation de sa fille, notamment par le versement d'une pension alimentaire, qu'il exerce une activité professionnelle à mi-temps, qu'il est une personne à mobilité réduite et qu'il ne pourrait bénéficier d'une prise en charge adaptée en cas de retour dans son pays d'origine,
- les observations de M. D lui-même,
- et les observations de Me Chikaoui, avocate, représentant le préfet des Yvelines, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que la vie privée et familiale du requérant n'est pas suffisamment établie, que sa fille est majeure et que son comportement représente une menace pour l'ordre public dès lors qu'il a fait l'objet de dix-neuf condamnations pénales dont certaines sont récentes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14h10.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant congolais né le 31 décembre 1961, est entré en France en 1984 selon ses déclarations. Par un arrêté du 19 avril 2024, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. M. D demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". L'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 dispose : " L'admission provisoire est accordée par la juridiction compétente () soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre provisoirement M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle, dès lors qu'il a présenté le 27 mai 2024 une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué.
Sur les moyens communs à l'ensemble des décisions contestées :
4. En premier lieu, par un arrêté n° 78-2024-03-04-00005 du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du département le même jour, le préfet des Yvelines a donné délégation à M. A B, sous-préfet, chargé de mission auprès du préfet des Yvelines, secrétaire général adjoint, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, actes, mesures concernant le département en cas d'empêchement du préfet et du secrétaire général, ou pendant les périodes de permanence. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A B ne se trouvait pas dans cette situation. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
6. L'arrêté contesté vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. D, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet des Yvelines s'est fondé pour rejeter sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'obliger à quitter le territoire français, refuser de lui octroyer un délai de départ volontaire, fixer le pays de destination et lui interdire le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Ainsi, l'arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de cet arrêté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet, qui n'était pas tenu de préciser l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'intéressé, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. D. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision et du défaut d'examen de sa situation personnelle doivent être écartés.
Sur les décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
8. Il ressort des pièces du dossier que M. D a fait l'objet de dix-neuf condamnations entre 1988 et décembre 2022 notamment pour des faits d'escroquerie par emploi de manœuvres frauduleuses, usage de faux nom ou de fausse qualité, contrefaçon, recel d'objet provenant d'un vol, usage de faux documents administratifs, vol à l'aide d'une effraction, conduite d'un véhicule à moteur sans permis de conduire et sans assurance et refus de restituer un véhicule confisqué par décision judicaire. Ces condamnations présentent un caractère grave, répété et récent et sont de nature à faire regarder la présence de M. D sur le territoire français comme une menace pour l'ordre public, au sens des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard de ces dispositions doit être écarté.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ".
10. Si M. D soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public au sens des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour obliger le requérant à quitter le territoire français, le préfet des Yvelines s'est fondé sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 de ce code. Dès lors, la circonstance que le comportement de l'intéressé ne présente pas une menace pour l'ordre public est sans influence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire. En tout état de cause, pour les mêmes motifs que ceux évoqués au point 6 du présent jugement, le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. M. D soutient que la décision attaquée a des conséquences disproportionnées sur sa vie personnelle et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il se prévaut de sa présence en France depuis 1984 et de la présence de sa fille, de nationalité française, et de sa femme. Toutefois, l'intéressé ne justifie pas d'une particulière intégration, eu égard à ce qui a été précédemment exposé au point 6 et dès lors qu'il ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle en France. En outre, si M. D déclare participer à l'entretien et à l'éducation de sa fille, il ne produit aucun élément au soutien de cette allégation, il ressort des pièces du dossier que celle-ci est âgée de 25 ans et le requérant ne produit aucune pièce permettant d'établir la réalité et l'intensité de ses liens avec cette dernière ni que sa présence auprès de sa fille serait indispensable. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le requérant ne justifie pas de la régularité du séjour de son épouse et qu'il ne justifie pas de la réalité et de la stabilité de ses liens avec cette dernière, dont il a déclaré être séparé aux services de la préfecture. Enfin, la commission du titre de séjour a émis, le 5 mars 2024, un avis défavorable au renouvellement de son titre de séjour. Dans ces conditions, les décisions en litige n'ont pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées auraient été prises en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
13. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
14. M. D soutient qu'il encourt un risque de traitement inhumain ou dégradant en cas de retour dans son pays d'origine en raison de son état de santé dès lors qu'il est atteint d'une dysurie avec pollakiurie et d'un diabète de type 2 nécessitant un traitement quotidien par insuline, un suivi biologique trimestriel et un bilan rénal et cardiologique annuel et qu'il ne peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Toutefois, il se borne à produire une décision de la maison départementale des personnes handicapées, du 14 septembre 2017, lui reconnaissant un taux d'incapacité compris entre 50% et 79% et un certificat médical du 13 décembre 2024 d'un médecin généraliste indiquant qu'il souffre d'une pathologie chronique handicapante et qu'il nécessite une prise en charge médicale pluridisciplinaire régulière au long cours pour plusieurs pathologies. Dès lors, le requérant n'établit pas qu'il ne pourrait pas disposer effectivement d'un traitement adapté dans son pays d'origine. Par suite, ce moyen doit être écarté.
Sur les décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :
15. Il résulte de ce qui précède que M. D ne démontre pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet est illégale. Il n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que les décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office prises à son encontre, qui se fondent sur cette décision, sont illégales pour ce motif. Par suite, ce moyen doit être écarté.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. D ne démontre pas que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire dont il a fait l'objet sont illégales. Il n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre, qui se fonde sur ces décisions, est illégale pour ce motif. Par suite, ce moyen doit être écarté.
17. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-7 de ce code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
18. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
19. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté contesté que M. D a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'est assortie d'aucun délai de départ volontaire. Les circonstances dont le requérant fait état ne présentent aucun caractère humanitaire et ne font ainsi pas obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le préfet des Yvelines a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, assortir l'arrêté attaqué d'une interdiction de retour sur le territoire français.
20. D'autre part, eu égard aux circonstances mentionnées aux points 6 et 10 du présent jugement le comportement du requérant représente une menace à l'ordre public et il ne peut se prévaloir d'attaches privées ou familiales d'une intensité particulière sur le territoire national, en dépit de sa durée de présence sur le territoire. Dès lors, la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans n'est pas entachée d'erreur d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Yvelines du 19 avril 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et ses conclusions formulées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
signé
F. Gibelin La greffière,
signé
L. Ben Hadj Messaoud
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026