vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2411230 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 décembre 2024, Mme B C, représentée par Me Akhzam, doit être regardée comme demandant au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite née du silence gardé par l'administration sur sa demande de renouvellement de sa carte de résident, valide jusqu'au 4 août 2023 ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Oise, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident, à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, l'ensemble dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- une décision implicite de rejet est née le 20 février 2024 ;
- l'urgence est établie dès lors qu'il s'agit d'un renouvellement de carte de résident ; son dernier récépissé expire le 26 décembre 2024 et aucun créneau n'était disponible sur le site internet de la préfecture des Yvelines pour être convoquée à un rendez-vous la semaine du 23 décembre 2024, afin de se voir renouvelé ce récépissé ; son contrat de travail, conclu avec l'association Partage Travail en avril 2024, risque de ne pas être renouvelé ;
- elle fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : celle-ci est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que, titulaire d'une carte de résident d'une durée de 10 ans, elle était renouvelable de plein droit en application des articles L.314-1, L.314-5 et L.314-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'étant pas mariée et ne vivant donc pas en état de polygamie et n'ayant jamais quitté le territoire français pour une durée de plus de 3 années consécutives.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Vincent, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L.522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose par ailleurs : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande () qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Au cas d'espèce, aucun des moyens invoqués, à l'appui de sa demande, ne parait, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, la requérante n'ayant manifestement pas déposé sa demande de renouvellement au cours des deux derniers mois précédant l'expiration de sa carte, comme l'exige, à peine d'irrecevabilité, l'article R.431-5 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile combiné à l'article L.314-1 du même code, devenu l'article L.433-2 du même code. Il en résulte que, lorsque le préfet est saisi d'une demande de renouvellement après l'expiration de ce délai, cette demande doit être regardée comme tendant à la première délivrance d'un titre de séjour de même nature.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Versailles, le 27 décembre 2024.
La juge des référés,
signé
L. Vincent
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2411230
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