vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2501045 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PHUSIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2025, M. C A, représenté par Me Gien, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution la délibération par laquelle jury de l'examen d'entrée au Centre régional de formation professionnelle des avocats (CRFPA) de l'université d'Evry-Paris Saclay au titre de la session 2024, publiée le 2 décembre 2024, en tant qu'elle refuse son admission ;
2°) d'enjoindre à l'université d'Evry de réorganiser son épreuve du grand oral dans l'attente du jugement à intervenir sur le recours en annulation, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que la décision litigieuse l'empêche de commencer en même temps que ses camarades la scolarité à l'école de formation professionnelle des barreaux (EFB) au sein de laquelle il s'était préinscrit ; la rentrée solennelle s'est déroulée le 8 janvier 2025 et les étudiants ont commencé la formation en janvier ; il y a urgence à lui permettre de représenter l'épreuve du grand oral afin d'intégrer la scolarité ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée dès lors que :
o la délibération attaquée n'est pas signée, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
o elle est entachée d'une rupture d'égalité entre les candidats dans l'organisation du grand oral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2025, l'université d'Evry-Val d'Essonne conclut au rejet de la requête et demande au juge des référés de mettre à la charge de M. A une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que les inscriptions à l'EFB sont clôturées depuis le 8 décembre 2024 et que la rentrée a eu lieu le 8 janvier 2025 ; il n'est dès lors plus possible au requérant de s'inscrire ; en outre, et compte tenu des conséquences importantes sur les candidats admis, qui ont débuté leur formation le 8 janvier 2025, il en va de l'intérêt général d'exécuter la délibération attaquée ;
- aucun des moyens invoqués par M. A n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 janvier 2025 sous le numéro 2501044 par laquelle M. C A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Lellouch, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 11 février 2025 à 15 heures 30 en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience, Mme Lellouch a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Gien, représentant le requérant, qui a insisté sur la condition d'urgence en faisant valoir que c'était la 3ème fois que M. A passait l'examen et que la délibération attaquée remet en cause son ultime chance d'accéder à la profession d'avocat, qu'il s'était préinscrit à l'EFB dès qu'il a été informé de son admissibilité, et a engagé la procédure dès qu'il s'est remis du choc de sa non-admission et qu'enfin, s'agissant des tiers, les candidats admis, le Conseil d'Etat a jugé qu'il en allait de leur intérêt que l'administration soit mise en mesure dès que possible de régulariser la procédure ; Me Gien a également développé les moyens de la requête tirés du défaut de signature de la délibération litigieuse et s'agissant de la légalité interne, de la rupture d'égalité en insistant sur les conditions dans lesquelles il a été contraint de passer l'épreuve du grand oral, qui lui ont été défavorables par rapport aux autres candidats, ce qui l'a plongé dans un état de stress retranscrit dans le procès-verbal relatif à sa prestation.
- les observations de Mme B, dûment mandatée pour représenter l'Université d'Evry-Val d'Essonne, qui estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, en vertu de la jurisprudence, dès lors que la formation ayant déjà commencé, il n'est en toute hypothèse plus possible pour M. A d'intégrer la session 2025-2026 et qu'une mesure provisoire de suspension porterait une atteinte trop importante aux candidats admis ; s'agissant du doute sérieux, la représentante de l'université fait valoir qu'est produite le procès-verbal de la délibération sur lequel figurent non seulement la signature lisible du président du jury mais aussi ses nom, prénom et qualité et s'agissant de la rupture d'égalité, que M. A a pu bénéficier du même temps de préparation et d'échange avec le jury que les autres candidats, que sa prestation a été appréciée en fonction de ses mérites sans que le retard n'ait eu d'incidence sur la perception qu'en a eu le jury et que le stress qu'il a manifesté n'est pas forcément lié au retard.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 16 heures 01.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération du 28 novembre 2024, publiée le 2 décembre suivant, par laquelle le jury d'admission à l'examen d'entrée au centre régional de formation professionnelle des avocats (CRFPA) organisé pour la session 2024 par l'université d'Evry Paris Saclay, en tant qu'elle refuse son admission.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. A, rappelés dans les visas par la présente ordonnance, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A aux fins de suspension et d'injonction doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
5. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
6. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les frais liés à l'instance :
7. L'université d'Evry n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il ne peut être fait droit aux conclusions présentées par le requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'université d'Evry au titre des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er :M. C A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire
Article 2 :La requête de M. A est rejetée.
Article 3 :Les conclusions présentées par l'université d'Evry-Val d'Essonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à l'université d'Evry-Val d'Essonne.
Fait à Versailles, le 14 février 2025.
La juge des référés,
signé
J. Lellouch La greffière,
signé
N. Gilbert
La République mande et ordonne à la ministre d'Etat, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026