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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2501867

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2501867

mercredi 19 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2501867
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAARPI FLA AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. A qui sollicitait une injonction à l'encontre du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) afin d'obtenir un récépissé valant autorisation provisoire d'exercer. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de démontrer un risque imminent et établi de licenciement ou de privation de revenus. La requête a été rejetée en toutes ses conclusions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 février 2025, M. B A, représenté par Me Luchez, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer sans délai un récépissé valant autorisation provisoire d'exercer jusqu'à intervention d'une décision expresse sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'attente de la délivrance d'un récépissé lui permettant de se maintenir légalement à son poste d'agent de sécurité avant que n'intervienne la décision de renouveler ou non sa carte professionnelle fait peser un risque pour la pérennité de son exercice professionnel car son employeur ne veut plus tolérer un cas de non-conformité à la règle imposant la détention d'une carte professionnelle ou d'un récépissé ; il risque d'être licencié ;

- sa compagne ne perçoit pas de revenu

il a déposé via le site ANEF le 20 décembre 2023 une demande de titre de séjour et a reçu le 23 mai 2024 une attestation de prolongation d'instruction " Difficultés de fonctionnement du service " ; la dernière attestation de prolongation a expiré le 24 janvier 2025;

- la mesure est utile compte tenu de sa demande ;

- sa demande ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Le juge des référés peut prendre toute mesure de nature provisoire et conservatoire, et notamment, prononcer des injonctions à l'égard de l'administration, à condition que l'urgence le justifie, qu'elle soit utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. S'agissant de la condition d'urgence, il appartient au juge des référés d'apprécier, au moment où il statue, concrètement et compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

3. Il résulte de l'instruction que M. A a sollicité, le 30 octobre 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) pour le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité. Si M. A soutient qu'il justifie de circonstances particulières en ce qu'il risque de perdre son emploi, il ne produit toutefois aucun document à l'appui de cette allégation et, en tout état de cause, ne verse aucun élément de nature à démontrer que son employeur aurait entamé à son encontre, de manière effective et concrète, une procédure de suspension ou de rupture de son contrat de travail, ni même qu'une telle procédure serait susceptible d'être engagée. De même, M. A ne peut utilement faire état de dégradations de ses conditions matérielles et morales dès lors que le risque de licenciement imminent et la privation de revenus ne sont pas établis. Ainsi, la condition d'urgence à laquelle les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé de la mesure sollicitée ne peut être regardée comme remplie. Par suite, en l'absence d'urgence justifiée, la demande présentée par M. A ne peut qu'être rejetée.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Versailles, le 19 février 2025.

Le juge des référés,

signé

P. Fraisseix

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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