jeudi 4 septembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2507684 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MBAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juillet 2025, Mme B A, représentée par Me Mbaye, demande à la juge des référés :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Essonne, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et d'examiner en urgence sa situation sans délai à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de deux cent euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'elle est entrée en France en 2016, qu'elle est conjointe de ressortissant français, qu'elle justifie avoir déposé un dossier complet de demande d'admission exceptionnelle au séjour, et que cette situation d'attente lui porte préjudice sur le plan personnel et professionnel ;
- la mesure sollicité est utile dès lors qu'elle a sollicité un rendez-vous pour solliciter son admission au séjour le 22 août 2024 et qu'aucune réponse lui a été apportée.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante mauricienne née le 4 juin 1978, a sollicité le 22 août 2024 un rendez-vous en vue du dépôt d'un dossier de demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par la présente requête, la requérante demande à la juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète de l'Essonne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour et d'examiner en urgence sa situation sans délai à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de deux cent euros par jour de retard.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
4. Pour justifier de l'urgence, Mme A fait valoir qu'elle est entrée en France en 2016, qu'elle est conjointe de ressortissant français, qu'elle justifie avoir déposé un dossier complet de demande d'admission exceptionnelle au séjour, et que cette situation d'attente lui porte préjudice sur le plan personnel et professionnel. Toutefois, s'il résulte de l'instruction que la demande de Mme A a été déposée depuis un an, cette durée de traitement n'est pas spécifique à la situation de la requérante mais concerne tous les étrangers ayant déposé une demande dans le cadre de la même démarche et n'est, par suite, par elle-même, pas de nature à justifier qu'il soit fait droit prioritairement à sa demande d'injonction de rendez-vous. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que Mme A, qui est entrée en France en 2016, n'a sollicité son admission au séjour pour la première fois que le 22 août 2024. En outre, si la requérante qui établit avoir exercé une activité professionnelle en tant qu'esthéticienne à compter du 1er octobre 2017, fait valoir qu'elle a dû abandonner son emploi faute de pouvoir justifier de la régularité de son séjour, elle ne l'établit pas. Enfin, les éléments avancés par la requérante tenant notamment à la présence en France de son conjoint, ressortissant français, avec lequel elle a conclu un PACS depuis le 22 avril 2025, ne permet pas de caractériser une urgence particulière dans le traitement de sa demande d'admission au séjour. Par suite, en l'absence de circonstances particulières justifiant d'une urgence à obtenir un rendez-vous sans que l'ordre d'examen des demandes d'autres ressortissants étrangers en fonction de leur date de dépôt soit respecté, la condition d'urgence posée par les dispositions précitées n'est pas satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 4 septembre 2025.
La juge des référés,
signé
J. Sauvageot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026