LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2509523

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2509523

jeudi 11 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2509523
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDAVID

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a été saisi en référé-suspension (article L. 521-1 du code de justice administrative) par un détenu contestant son placement en quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) pour une durée d'un an. Le requérant invoquait l'urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, en raison notamment de l'incompétence de l'auteur de l'acte, d'un défaut de motivation et d'une atteinte à sa dignité et à sa santé (article 3 de la CESDH). Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la condition d'urgence n'était pas établie et qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, prise en application de la loi n°2025-532 du 13 juin 2025 relative au narcotrafic et du code pénitentiaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 août 2025, M. X, représenté par Me David, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner son extraction en vue d’assister à l’audience ;

2°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 21 juillet 2025 par laquelle le directeur de l’administration pénitentiaire l’a placé dans un quartier de lutte contre la criminalité organisée pour une durée d’un an, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ainsi que son retour en détention normale, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la demande d’extraction :
- elle est nécessaire eu égard à la nature et au caractère de la procédure de référé, qui ménage une large place au débat oral ;
- la comparution personnelle du requérant à l’audience peut être utile en cas de production tardive d’une défense de la décision dont il est demandé la suspension ;
- l’article D. 316 du code de procédure pénale prévoit une appréciation par le préfet de l’opportunité du caractère indispensable de l’extraction, ce qui porte atteinte à l’indépendance de des juridictions posées par l’article 47 de la charte de l’environnement, l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales des droit ainsi que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et du Conseil constitutionnel ;

Sur la condition d’urgence :
- la présomption d’urgence dont bénéficie les détenus placés à l’isolement doit être transposée aux personnes affectées en quartier de lutte contre la criminalité organisée dès lors que les conditions de détention sont pires et mettent en danger son état de santé physique et psychologiques ;
- l’installation de caillebotis supplémentaires dans sa cellule, occultant la lumière naturelle et le régime des réveils nocturnes portent atteinte à sa dignité, à sa santé et créent une souffrance inutile et non motivée ;
- la mise en place d’hygiaphone systématique lors des visites de ses proches de même que l’absence de parloirs familiaux et d’unités de vie familiale portent atteinte à son droit de mener une vie familiale normale ;
- le régime des fouilles corporelles intégrales et systématiques plusieurs fois par jour constitue un traitement inhumain et dégradant ;
- aucun élément mentionné dans la décision dont il est demandé la suspension ne permet de déduire une dangerosité particulière de sa part en prison ;
- la requête ne peut être rejetée sans audiencement à peine de méconnaître les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée de plusieurs vices de procédures et il appartient à l’administration pénitentiaire de démontrer que le juge de l’application des peine a bien été informé du transfert, conformément à l’article R. 224-38 du code pénitentiaire, que son avis a bien été rendu dans le délai de huit jours avant le débat contradictoire, que le délai de soixante-douze heures accordé à la personne détenue pour consulter les éléments de procédure a été respecté et que la décision attaquée n’a pas été prise tardivement ;
- elle méconnaît son droit au recours effectif en méconnaissance des stipulations de
l’article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 224-5 du code pénitentiaire en l’absence de démonstration du caractère exceptionnel de la détention et de l’existence de liens avec la criminalité organisée en détention ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de la dégradation des conditions de son incarcération et de leurs effets sur l’état physique et psychique des détenus ;
- elle entachée d’une erreur d’appréciation au regard de l’absence d’équilibre entre les conséquences de la décision et le maintien de l’ordre et la sécurité, d’une part, et de l’absence de prise en compte de son état de vulnérabilité et de détresse psychologique ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dès lors que ses conditions de détention doivent s’analyser comme un traitement inhumain et dégradant.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2025, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les conditions de l’urgence et du doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ne sont pas remplies.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 août 2025 sous le n° 2509522 par laquelle M. X demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- la loi n°2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A, (…) et M. B et Mme C, (…), pour statuer sur les demandes de référé et décidé que la nature de l’affaire justifiait qu’elle soit jugée, en application du troisième alinéa de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, par une formation composée de trois juges des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 8 septembre 2025 à 14h30, après que les parties ont pris connaissance des dernières productions et que le conseil de M. X a pu s’entretenir avec lui grâce au moyen de communication audiovisuelle prévu à l’article R. 731-2 -1 du code de justice administrative, Mme C, en présence de Mme D, greffière d’audience, a lu son rapport et les juges ont entendu :
- les observations de Me David, représentant M. X, qui persiste dans ses précédentes conclusions par les mêmes moyens ;
- les déclarations de M. X qui soutient que, compte tenu de son transfert à Vendin-le-Vieil, il ne peut préparer avec son avocate son audience devant le juge d’instruction (…) ; ses conditions de détention sont très difficiles ; ses créneaux de téléphonie sont placés en même temps que ceux dédiés au sport et à la promenade ; s’il décide de téléphoner à ses proches, il reste donc enfermé pendant trente heures dans sa cellule ; la mise en place d’un troisième grillage devant sa fenêtre l’empêche de profiter de la lumière naturelle ; il a besoin d’allumer la lumière dans sa cellule y compris lorsqu’il fait jour dehors ; alors qu’il a déclaré avoir des migraines et une sinusite chronique, il ne peut pas rencontrer de médecins ; sa famille est loin et ne peut venir lui rendre facilement visite ; il n’a jamais eu d’incidents préalables au parloir avec sa famille ; il est porté atteinte à sa présomption d’innocence dès lors qu’il n’a pas encore été condamné pénalement ;
- les observations du représentant du garde des sceaux, ministre de la justice, qui persiste dans ses précédentes écritures.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. X, écroué depuis (…) 2013, était détenu, en dernier lieu, au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis. Par la décision du 21 juillet 2025 dont il demande l’exécution de la suspension, il a été transféré vers le quartier de lutte contre la criminalité organisée du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil.

Sur la demande d’extraction :

2. Aux termes de l’article D. 215-27 du code pénitentiaire : « Le préfet apprécie si l’extraction des personnes détenues appelées à comparaître devant des juridictions ou des organismes d’ordre administratif est indispensable. Dans l’affirmative, il requiert l’extraction par les services de police ou de gendarmerie selon la distinction de l’article D. 215-26 ».

3. En vertu de ces dispositions, il appartient au seul préfet, saisi d’une demande en ce sens, de requérir l’extraction, par les services de police ou de gendarmerie, d’une personne détenue appelée à comparaître devant une juridiction administrative. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par M. X, au demeurant représenté par un avocat et entendu par le tribunal en visio-audience, ne peuvent qu’être rejetées.



Sur les conclusions à fin de suspension :

4. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ».

5. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par M. X n’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 21 juillet 2025 par laquelle le directeur de l’administration pénitentiaire l’a placé dans un quartier de lutte contre la criminalité organisée pour une durée d’un an. L’une des deux conditions prévues par l’article L. 521-1 du code de justice n’étant pas remplie, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin suspension de la requête, sans qu’il soit besoin d’examiner la condition tenant à l’urgence.

Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

6. La présente ordonnance qui rejette les conclusions à fin de suspension présentées par M. X n’appelle aucune mesure d’exécution. Dès lors, les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte de la requête ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les frais d’instance :

7. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il soit mis à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. X demande au titre des frais de l’instance.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. X est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. X et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Fait à Versailles, le 11 septembre 2025.


Le juge des référés,
Le juge des référés,
La juge des référés

A
B
C




La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions